Les sports les plus dangereux pour les enfants... contre toute attente!


Le sport et les activités de plein air sont aussi importants pour les adultes et pour les jeunes enfants que l'air pur et une nourriture saine, mais n'y aurait-il pas un revers à la médaille?

Eh bien oui, malheureusement. Aux États-Unis, on dénombre annuellement environ 3,5 millions de blessures liées au sport chez les enfants. Bien que les trois quarts de ces blessures soient mineures, la situation n'en demeure pas moins inquiétante, spécialement pour le quart restant qui correspond à des cas plus sérieux.

Cela nous conduit à nous poser la question suivante : Quels sont les sports responsables de ces 3,5 millions de blessures?

Dans le cas des sports d'équipe traditionnellement pratiqués par les filles, une récente recherche publiée dans une étude du Journal of Athletic Training  a démontré, sans surprise, que le soccer arrivait en première position en matière de blessures – suivi par le volley-ball et le basket-ball, les extrémités inférieures étant le plus souvent touchées.

(Getty Images)Mais ce qui se passe en coulisses est encore plus surprenant. Selon un article extrêmement révélateur paru dans le Los Angeles Times, au cours des 26 dernières années, le nombre de handicaps résultant de blessures à la tête ou à la colonne vertébrale est presque deux fois aussi élevé chez les meneuses de claque du secondaire que chez les sportives, tous sports combinés – avec pas moins de 73 blessures graves et, malheureusement, deux décès.

« Actuellement, la situation des meneuses de claque échappe à tout contrôle, explique le docteur Frederick Mueller, directeur du centre national de recherche sur les blessures sportives graves de l'Université de Caroline du Nord. Les jeunes s'entraînent un peu partout sans tapis. Ils s'entraînent quand ils le veulent, font ce qu'ils veulent, et certains entraîneurs ne sont pas accrédités et n'ont aucune idée de ce qu'ils font. »

Le nombre de consultations en urgence pour cause de blessures chez les meneuses de claque a pratiquement été multiplié par 6 depuis 1980, pour un total de 30 000 en 2008, selon la  Commission de surveillance des produits de consommation des États-Unis.

Dans la plupart des États, l'activité des meneuses de claque n'est pas considérée comme un sport officiel et n'est pas assujettie aux mêmes normes d'équipement de sécurité, de temps d'entraînement ou de formation des entraîneurs que ne le sont les sports pratiqués au secondaire.

Mais, comme le souligne Frederick Mueller : « Les chorégraphies des meneuses de claques ont considérablement évoluées. Il ne s'agit plus uniquement de sautiller en agitant de gros pompons mais de réaliser de vraies prouesses en gymnastique, pour lesquelles les filles sont envoyées à 7 ou 9 mètres dans les airs – avec parfois une réception hasardeuse. »

Et en ce qui concerne les garçons?

L'organisation Safe Kids Worldwide a demandé à Salter Mitchell de réaliser des sondages portant sur la sécurité entourant les sports pratiqués par les enfants auprès d'entraîneurs, de parents et de jeunes aux États-Unis.  Cela n'a surpris personne, peut-être en raison de sa nature, de voir que le football était le sport le plus souvent mentionné comme ayant causé des blessures (39 %), suivi par le  basket-ball (16 %) et le soccer (15 %).

(Getty Images)Parallèlement, une étude menée sur les blessures causées par le football et publiée dans The American Journal of Sports Medicine a confirmé la prédominance du football quand vient le temps de comptabiliser les blessures sportives. (Le football est l'un des sports les populaires aux États-Unis. Plus de 3 millions de jeunes enfants jouent au football, et 1,2 million de jeunes font partie de leur équipe au secondaire.)

De précédentes études ont démontré que le football causait pratiquement deux fois plus de blessures que le deuxième sport le plus populaire, le basket-ball. Une recherche publiée dans le Journal of Athletic Training révélait que plus de 1,5 million de blessures ont été dénombrées parmi les joueurs de football au secondaire au cours de la saison 2005-2006; les blessures les plus courantes étant les entorses ligamentaires.

Mais ce qui est plus inquiétant, c'est que les joueurs de football du secondaire ont déclaré subir entre 43 000 à 67 000 commotions par an – et le chiffre exact est probablement beaucoup plus élevé car on estime que plus de la moitié des joueurs souffrant de commotion, n'en ont pas fait état.

Le docteur Ann McKee, chercheuse en neurologie à l'Université de Boston ayant étudié la maladie invalidante connue sous le nom d'encéphalopathie traumatique chronique, a déclaré au Time Magazine, en référence aux dangers que représentait le football : « Il faut faire quelque chose, dès maintenant. Trop d'enfants courent un risque. »