Les hommes font pitié!

Au Québec, en tout cas!

À l'école, ils battent des records de décrochage. En séduction, ils sont nuls et ont presque peur d'approcher une femme. Encore pire que tout, ils ne sont plus assez forts pour faire le gros club au hockey. Quelle force nous reste-t-il? Tous les traits les plus typiquement masculins sont devenus mal vus dans notre société. Mal vus, ou carrément inutiles.

D'un côté, les femmes sont passés de femmes de ménage au foyer et citoyennes de deuxième classe à femmes autonomes, modernes et épanouies. Évolution aussi nécessaire que spectaculaire! De l'autre côté, les hommes sont passés de fiers maîtres pourvoyeurs dominants à.... à...

Je ne sais pas si quelqu'un a une réponse à ça. Ce que l'ont sait, c'est qu'ils sont perdus. Oui, bon, OK, on fait encore plus d'argent que les femmes («on» exclue particulièrement la personne qui parle), mais en général, on est en totale perte de momentum. De vrais zombies.

C'est en écoutant Mad Men que j'ai compris comment on en était arrivé là. C'est fou à quel point ils traitaient les femmes comme des esclaves! Complètement scandaleux. Ça m'a permis de comprendre toutes les histoires de baby-boomers frustrées, même si personnellement, ayant 34 ans, je n'ai rien vécu de tout ça. Je n'ai pas dominé personne. Je n'ai pas de femme qui torche ma maison. Je n'ai même pas le droit de fumer au bureau.

Ça explique sûrement pourquoi on est rendus aussi paranos sur certains trucs. Par exemple, une pitoune en bikini qui vend de la bière: c'est sexiste, misogyne et rétrograde. Un homme musclé à moitié à poil qui fait une campagne pour la prévention du cancer du sein: marrant, de bon goût et efficace.

En fait, il y a un double standard à plusieurs niveaux.

Une femme mal dans sa peau: elle a besoin d'aide psychologique, de campagnes de sensibilisations, de changements sociétaux, dans les médias, etc. Un gars mal dans sa peau: qu'il aille s'entraîner et au pire, qu'il réponde à un de ces courriels louches pour s'acheter un élargisseur de pénis.

Je vous le dis: les hommes font pitié!

La toute dernière chose sur la liste des trucs qu'on reproche aux hommes, c'est de n'avoir qu'un seul modèle de beauté. «Désolé, messieurs, il faudrait varier vos goûts parce que là, les Monica Bellucci sont back-order!» Comment est-on censé faire ça? L'hypnotisme de masse? Il me semble que cloner Monica serait plus simple...

Et j'aimerais bien voir un courageux aller dire aux femmes quels genres d'hommes elles devraient apprécier, juste pour voir la réaction (et s'il s'en sortirait vivant).

L'homme se cherche, mais ne connait plus son idéal à atteindre. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il doit changer et évoluer. Mais vers quoi? Pour ressembler à qui? Ironiquement si on faisait un sondage sur les personnages télé que les femmes trouvent les plus séduisants, qui terminerait premier? Moi je mettrais un 2$ sur le beau Don Draper, de la série Mad Men.

On peut bien être mêlés.