Le Net peut les aider à vaincre leur timidité

Chatter, voilà un moyen pour les ados de discuter de leurs expériences de vie, d'élargir leur réseau social et d'apprivoiser le sexe opposé! De plus, cette activité peut les aider à vaincre leur timidité s'ils la pratiquent en toute sécurité.

(Getty Images)Anonyme et invisible…

Le clavardage est l’une des activités auxquelles les enfants et les adolescents se prêtent volontiers sur Internet. Ils sont, en effet, fascinés par ce mode de communication libre et ludique, qui accorde une large place à l’anonymat et qui permet de nouer facilement de nouveaux contacts.
Si Internet assure un lien avec le monde et avec les pairs qui partagent des préoccupations semblables, il offre aussi un avantage réel: celui de vivre une relation sans complexes. En effet, à moins d’être muni d’une caméra, l’écran de l’ordinateur ne révèle ni les boutons ni les kilos en trop. Précisons que la majorité des contacts restent virtuels et qu’ils cessent souvent au bout de quelques semaines. Mais certains jeunes utilisent aussi le chat avec l’intention de faire de vraies rencontres. Hélas! ils sont souvent déçus au moment du premier rendez-vous, car l’autre semble rarement aussi intéressant et séduisant qu’ils se l’étaient imaginé. La réalité brise fréquemment le lien qui s’était créé entre les internautes.

Les jeunes s’adonnent-ils aussi au chat pour le sexe?

Oui; ils profitent de la Toile pour expérimenter sans honte la sexualité. Il s’agit d’un premier apprentissage des rapports homme-femme. Cependant, si l’aventure virtuelle peut servir à développer les habiletés sociales du jeune, il faut qu’elle se poursuive dans le monde réel. Elle ne peut pas se suffire à elle-même. L’adolescent court le danger de ne pas savoir sortir de cet espace virtuel. Il incombe donc aux parents de veiller à ce que leur enfant ne se retrouve pas enfermé dans un univers où il n’a aucune existence physique.

Il faut savoir également que les jeunes chatteurs sont les premières victimes d’abus. Malheureusement, les enfants et les adolescents parlent rarement à leurs parents de leurs visites dans les chat-rooms et des expériences désagréables qu’ils y vivent parfois, de crainte de ne plus être autorisés à chatter. Les mineurs s’exposent à un risque énorme lorsqu’ils prennent rendez-vous avec des partenaires de chat en dehors des salons virtuels. Ce type de rencontre peut, en effet, aboutir à des abus sexuels.

Que font surtout les ados sur Internet?


Les jeunes Canadiens font un grand usage des technologies de l’information et comptent parmi les jeunes les plus branchés du monde. L’utilisation des moteurs de recherche, les courriels, le clavardage et les jeux en ligne figurent parmi les activités les plus fréquemment mentionnées par les adolescents (selon une enquête menée en 2004 par le Centre francophone d’informatisation des organisations auprès des adolescents québécois de 12 à 17 ans et de leurs parents).

Afin de connaître l’utilisation que les jeunes Canadiens font d’Internet, un sondage a été réalisé en 2005 auprès de 5200 élèves (de la quatrième année du primaire à la cinquième secondaire) par le Réseau Éducation-Médias. Il montre que les jeunes, surtout les filles, affichent des photos et des profils en ligne, qu’un nombre croissant d’entre eux créent des pages Web personnelles ou des blogues, et visitent des sites de réseautage personnel. Cet espace médiatique leur fournit de multiples occasions de communiquer avec leurs amis, de s’exprimer, de créer de nouveaux contacts et de se divertir. Les jeunes qui passent pas mal de temps sur Internet tous les jours dans le but d’élargir leur réseau social disent avoir plus confiance en leurs compétences sociales que les autres. Cependant, les sites de bavardage figurent au dernier rang des moyens privilégiés pour socialiser en ligne. Quand on leur demande ce qu’elles feraient en ligne si elles avaient un peu de temps libre, seulement 6 % des filles disent qu’elles visiteraient des sites de bavardage, alors que 62 % préféreraient communiquer avec des amis par messagerie instantanée.
(Source: www.media-awareness.ca)

LORSQU’IL DÉCOUVRE LA PORNOGRAPHIE…

Que faire lorsqu’on surprend son ado en train de visiter un site porno? Certes, on s’inquiète, parce qu’on craint que cet événement ne soit pas accidentel. Mais, au lieu de douter de l’intégrité du jeune, en proie à une curiosité sexuelle propre à son âge, on devrait lui faire comprendre qu’on lui permet de naviguer sur le Net à condition qu’il respecte certaines règles, qu’on peut établir avec lui. Par exemple, on peut lui préciser le genre de sites qu’on lui interdit de visiter et le temps qu’il peut passer sur le Net, insister sur les modalités de rencontres «réelles» de personnes connues sur le réseau, lui interdire de divulguer ses coordonnées à des tiers, etc. En outre, il est bon de lui expliquer clairement que la sexualité présentée sur les sites pornos ne correspond pas à la réalité et que, dans la vie, ce n’est pas ainsi que se déroulent les rapports sexuels entre deux personnes qui s’aiment tendrement.

Bref, par ce nouveau champ d’exploration qu’est Internet, notre ado peut apprendre à devenir responsable!  Il deviendra progressivement autonome, même si la quête identitaire à laquelle il fait face nécessite qu’il contourne certains interdits parentaux. Restons vigilantes et transmettons-lui de bonnes valeurs en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet!