La fille qui voulait plaire par son intellect

Un paquet de femmes refuse d'essayer de plaire ouvertement avec leur corps. Comme si c'était quelque chose de mal, un péché moderne. Ça vient sûrement de cette croyance (ridicule) qu'une femme séduisante qui mise sur ses attributs physiques ne doit pas être une femme très intelligente, respectable et moderne.

Pour encore beaucoup trop de gens, une fille qui se sert de son charme physique, c'est considéré comme un geste désespéré, un geste de trainée, ou un geste qui fait reculer la cause des femmes et bla-bla-bla... Et pourtant, au contraire, une femme qui arrive à faire ce qui lui plait et qui s'assume, malgré les bien-pensants, est sûrement quelques années avant son temps.

Ça n'empêche pas certaines filles de tout faire pour essayer de plaire pour leur intellect. Certaines voudraient longer les murs dans les bars pour s'assurer d'attirer par leur conversation plutôt que par leur popotin.

Déjà, à la base, c'est un peu particulier de vouloir déterminer soi-même par quel attribut on va séduire quelqu'un. Comme si le choix appartenait au séducteur. Oui, on peut mettre en évidence ce que l'on croit être nos points forts, mais ultimement, le choix ne nous revient pas. Comme disent les Anglos: la beauté est dans l'œil de celui qui regarde.

La fille en études postdoctorales peut bien répéter que son Q.I. se situe dans les quatre chiffres, ça n'effacera pas la possibilité que son prétendant soit conquis par la façon que son toupet tombe sur ses lunettes. Au même titre que le volley-balleux de plage peut s'astiquer les pectoraux toute la journée et une fille va être séduite par sa totale absence de répartie. C'est un peu bizarre, ce n'est pas nécessairement logique, et il n'y a absolument rien de dommage là-dedans.

J'ai l'impression qu'il y a des gens qui aimeraient séduire par ce qui les séduit eux-mêmes. Le gars qui tripe sur les filles au petit corps en forme va s'entrainer comme un débile avec l'idée qu'il deviendra irrésistible. Ça peut marcher, mais ce serait une pure coïncidence. Chacun a ses goûts. Et c'est beaucoup plus agréable comme ça. Aussi bien laisser aux autres le trouble de nous trouver quelque chose d'intéressant.

Curieusement, les garçons semblent moins se soucier de la façon dont ils vont séduire. Pourvu que ça fonctionne. Comme l'a dit Woody Allen: «I think being funny is not anyone’s first choice.» Ça contraste avec ces femmes qui ressentent le besoin de prouver leur intelligence. Par insécurité? Pression sociale? En tout cas, ça vient complexifier quelque chose qui devrait être beaucoup plus simple et naturel.
L'intelligence et la profondeur, ça viendra. Chaque chose en son temps.

Quand les femmes sont rendues à croire que c'est mal de plaire par leurs fesses ou leurs seins ou toute autre partie de leur anatomie, c'est signe qu'on a atteint un nouveau sommet côté rectitude politique. L'attirance physique et sexuelle est ce qu'il y a de plus naturel chez l'humain. Ça fait partie du concept de base. Ça n'enlève rien à l'intelligence ou au respect qu'on porte à quelqu'un. En tout cas, pas pour les gens intelligents.