L’amour à distance

L'amour à distance. Pour ou contre ? (Getty Images)Quand t’arrives de Montréal, le Vieux-Québec, c’est vraiment beau, mais jamais autant que lorsque tu le traverses pour aller voir ta blonde à Lévis que tu n’as pas vu depuis trois semaines. Tu souris aux passants, tu fais des clins d’œil aux calèches, c’est le gros bonheur sale!

Les relations à distance, ce n’est pas le premier choix de personne, mais il peut y avoir du positif.

Se voir seulement une fin de semaine aux deux semaines, c’est à peu près parfait pour la vie sexuelle. Tu crées un besoin et ensuite, t’as deux jours pour tout rattraper. Ça ne peut que bien se passer, parce que des deux côtés, vous allez tout faire pour éviter les chicanes. Le moment est trop court pour le gaspiller à se babouner.

T’es à peu près certain d’avoir un weekend satisfaisant (et essoufflant), mais grosse surprise, le problème réside entre ces fameuses visites à vocation sportive. Le concentré de bonheur est dilué à grand coup de loin des yeux, loin du cœur. Tu viens qu’à t’ennuyer avec toute l’insécurité (paranoïa) que ça peut amener. On a tous vu les films et séries télé sur comment ça vient qu’à dégénérer :

 

1.    Les appels commencent à s’espacer.
2.    T’entends parler de la nouvelle personne au bureau (qui s’adonne d’être super jolie).
3.    Après quelques semaines, c’est inévitable, il y a quelqu’un qui attend des triplets avec un tiers parti.

C’est toujours comme ça! (Je l’ai dit qu’il y avait de la paranoïa.)

 

Tout le monde a sa propre limite à partir de laquelle, ça commence juste à être trop long. Le retour spectaculaire à la Ovila Pronovost qui revient faire un bébé à sa belle Émilie, c’est mignon si l’hiver n’est pas trop long. Quand tu commences à oublier la face de l’autre ou son odeur, ce n’est pas agréable. C’est même assez bizarre. Heureusement, ça revient vite quand tu reprends contact. (Sinon, c’est mauvais signe.)

Par chance, grâce à internet, aux webcams et aux téléphones intelligents, ce n’est plus les occasions de se voir la face qui manquent. C’est froid, mais c’est mieux que rien. En même temps, c’est souvent ces mêmes trucs qui font qu’on se ramasse amoureux d’une personne à des centaines de kilomètres (ou quelques océans) à la base. On n’a jamais été autant en contact avec des gens de partout sur la planète en même temps. Et ça ne va que s’accentuer.

 

Les relations à distance, ça permet d’avoir une super liberté. T’as le côté passionné sans le quotidien terne. Aucun besoin de se taper la routine et les engueulades reliées au ménage (ou d’autres trucs qui semblent futiles). Mais ça peut aussi donner des impressions trompeuses. Quand t’es trop bien dans une relation à distance (ou que tu les accumules), c’est louche. C’est facile de s’y faire accroire que tout va bien. Tout le monde peut bien paraître à petites doses.

Sauf qu’éventuellement, le quotidien, il va falloir l’affronter. Tôt ou tard, il faudra se regarder assez longtemps et d’assez près pour remarquer nos côtés un peu moins charmants. C’est à cette distance-là qu’on peut enfin déterminer si l’on aime vraiment l’ensemble de quelqu’un, ou juste ses belles parties.