Je cours pour être beau

Les coureurs m’énervent!

C’est rendu que tout le monde court. Je ne sais pas trop où ils s’en vont comme ça. Bon, j’avoue que c’est agréable à l’œil de voir toutes ces coureuses qui trouvent le moyen d’être adorables en suant à la grosse goutte, mais en général, ils m’énervent.

Premièrement, ils en parlent beaucoup trop.

Les joggeurs pourraient seulement jogger paisiblement, mais non, ils sont beaucoup trop fiers pour ça. Ils doivent avertir toute la planète (via le web et les réseaux sociaux) qu’ils s’en vont courir. Être demi-marathonien est maintenant quelque chose qui mérite d’être mentionné dans une bio Twitter. Ils postent même sur Facebook leur temps, leur kilométrage, le dénivelé, etc. Le pire, c’est que je me sens obligé de mettre un « j’aime » sur tout ça. Comme un parent qui reçoit de son petit dernier un « beau » dessin. « Bravooooooo! Tiens, on va l’afficher sur le frigo. »

Un autre truc qui m’énerve particulièrement, c’est que les vrais joggeurs, ils courent pour les « bonnes » raisons.

Les vrais coureurs ne sont pas en compétition avec les autres. Ils sont en compétition avec eux-mêmes. Ils sont là pour le dépassement de soi. L’important, c’est de participer et bla, bla, bla…
Moi, très très honnêtement, je cours pour être beau.

Bon, ça fait con dit comme ça, mais je cours pour que mon corps demeure un tant soit peu compétitif. (Et comme tout le monde s’est mis à courir…) Avec les années qui s’empilent, on a beau avoir de bons gènes, le métabolisme ralentit, la gravité s’en vient de plus en plus sévère.

Je ne cours pas pour vanter les mérites d’un esprit sain dans un corps sain. Je cours pour préserver un minimum d’attirance physique. J’ai dois avoir choisi le « côté obscur » du jogging. Je regarde mon corps vieillissant dans le miroir et quand j’ai accumulé assez de colère, je vais courir (pour me faire souffrir). Il ne manque que le fouet à mon kit d’autoflagellation.
Ça doit être pour ça que je ne tiens jamais plus que quelques semaines.

Et c’est justement ce qui m’énerve le plus chez les joggeurs. Ils sont clairement plus heureux. Ils ne se tannent jamais de courir dans le vide. Ils ont hâte! Je ne sais pas où ils trouvent toute cette motivation.

Au moins, quand tu joues au soccer ou au hockey cosom, t’as un but. Tu dois courir pour aller marquer. Il y a une motivation, une victoire en jeu. Tu ne veux pas laisser tomber tes coéquipiers.

On parle toujours de la fameuse endorphine, mais dans mon cas, je pense qu’elle est en rupture de stock. Je n’ai jamais droit au « buzz » dont tous les fans de jogging vantent constamment les mérites. J’étais tellement content d’entendre la fille dans l’excellente série Girls se plaindre qu’elle n’en a pas, d’endorphine. Je pensais être le seul!

Cela dit, même sans le trip d’endorphine, c’est surprenant ce qu’un peu de soleil, d’effort physique et d’alimentation saine peut faire sur son indice de bonheur. Et tout le monde a la responsabilité de faire ce qui les rend heureux. Surtout si c’est un truc aussi simple que de courir après rien à tous les matins.