Il ne dort plus... et moi non plus!

Quand notre enfant a des problèmes de sommeil, il épuise ses ressources... et les nôtres! Que peut-on faire dans une telle situation? Deux intervenantes nous donnent leur point de vue.

(Getty Images)On le sait: les parents de nouveau-nés doivent oublier les nuits reposantes. Toutefois, comme l’affirme Evelyne Martello, infirmière clinicienne et auteure du livre Enfin je dors… et mes parents aussi, il y a moyen de favoriser très tôt chez l’enfant de bonnes habitudes de sommeil. Elle nous fait part des conseils suivants:

_ Coucher l’enfant dans une pièce sombre, silencieuse et maintenue à une température n’excédant pas 20 oC (sinon l’air peut devenir trop sec et gêner la respiration).
_ Établir un horaire stable: on doit savoir reconnaître les signes d’endormissement (bâillements, frottement des yeux) et fixer l’heure du coucher en fonction de ceux-ci.
_ Habituer l’enfant à s’endormir seul, sans la présence d’un parent.

S’endormir seul: un premier pas dans la bonne voie!

Certaines précautions doivent être prises afin d’amener bébé à s’endormir par lui-même:
|_ Ne pas associer les boires avec l’endormissement. «L’habitude de boire pour s’endormir peut provoquer des réveils et des boires nocturnes jusqu’à l’âge de 3 ans», souligne Mme Martello. La séquence «boire-bain-coucher» est préférable à la séquence «bain-boire-coucher».
|_ Déposer l’enfant dans son lit alors qu’il est encore éveillé pour qu’il associe son lit (et non pas nos bras) à l’endormissement.
|_ Le sécuriser en restant un moment à ses côtés, en lui flattant le dos, en lui parlant doucement ou en lui donnant un objet qui le réconforte, comme une petite couverture qui a notre odeur (si on l’allaite), un toutou ou sa suce.
|_ Ne pas lui redonner sa suce quand il se réveille la nuit, sinon il sera incapable de se rendormir sans cela et la réclamera chaque fois qu’il la perdra.
|_ Limiter les interventions au moment des réveils de nuit. Celles-ci doivent être brèves et silencieuses: on évite, si possible, les changements de couches.
|_ Éviter de se précipiter aussitôt que bébé pleure: il s’endormira peut-être seul si on lui en laisse la chance.

Une routine sécurisante

«Les enfants de tous âges ont besoin d’une routine sécurisante pour s’endormir», souligne Valérie Gosselin, psychologue. Elle suggère d’effectuer toujours les mêmes étapes menant au coucher, dans le même ordre et aux mêmes heures. Elle propose, à titre d’exemple, la séquence suivante: «souper-devoirs-bain-histoire». «Par conditionnement, la routine prépare le cerveau à l’endormissement», affirme-t-elle. Après l’histoire, on allume une veilleuse, on donne sa doudou à l’enfant, on l’embrasse, on lui dit qu’on l’aime, et on quitte la chambre. Aussi, l’enfant doit savoir que le rituel menant au coucher est limité dans le temps (par exemple, 15 minutes pour l’histoire, le verre d’eau et les voeux de bonne nuit) et qu’il ne se répétera pas. Par ailleurs, Mme Gosselin est d’avis que l’enfant doit éviter tout stimulant physique ou mental une heure à une heure et demie avant d’aller au lit. Exit les sucreries ainsi que les émissions de télé et les jeux vidéo hyper-excitants.

L’insomnie


«Comme les adultes, certains enfants font de l’insomnie, et la cause première en est l’anxiété», explique Valérie Gosselin. Quand cela se produit, il faut chercher à savoir ce qui tracasse l’enfant, l’amener à en parler, et lui signifier qu’on est là pour lui. Pratiquer une activité physique après l’école pourrait lui permettre de se défouler et de dépenser de l’énergie. S’il s’inquiète de sa performance scolaire, il est primordial d’éloigner le plus possible la période des devoirs du moment d’aller au lit. S’il ne dort pas au bout de 20 minutes, l’enfant devrait se lever pour faire une activité qui le calme (lire, faire un casse-tête, écouter de la musique), tout en demeurant dans sa chambre. S’il en sort, il risque de trop s’activer. Le parent doit être vigilant, car l’enfant peut tirer avantage de son insomnie, si elle lui permet de faire une activité qu’il aime.

Cauchemars, terreurs nocturnes et somnambulisme

Tous les enfants peuvent être sujets à des cauchemars, des terreurs nocturnes ou de l’insomnie. Lorsque ces manifestations sont occasionnelles, il n’y a pas à s’en faire. Par contre, si cela se produit à répétition, on doit consulter son médecin, qui nous dirigera vers une autre ressource si nécessaire.

Il faut savoir que, au moment des terreurs nocturnes, l’enfant n’est pas vraiment réveillé. On reste à côté de lui et on lui parle doucement, jusqu’à ce qu’il se rendorme. Les parents dont l’enfant fait du somnambulisme doivent assurer sa sécurité (on peut installer une sonnette à la porte de sa chambre: s’il en sort, on s’en apercevra) et ne pas tenter de le réveiller. Il faut simplement le raccompagner à son lit. Pour ce qui est des cauchemars, on peut aider notre enfant à trouver une fin heureuse à son rêve ou lui donner les outils nécessaires pour faire face à l’adversité. Par exemple, une baguette magique ou une lampe de poche qui fera fuir le méchant lorsqu’il l’allumera. Evelyne Martello est d’avis que les terreurs nocturnes et le somnambulisme sont amplifiés par le stress et la fatigue, d’où l’importance de la détente et d’une bonne routine au coucher.



Un coup de pouce! Chaque enfant est unique, et il n’existe pas de remède miracle pour amener notre bébé à faire ses nuits ou notre jeune enfant à se coucher sans rechigner. Aussi, à certaines étapes de leur développement, les enfants peuvent connaître des troubles du sommeil. L’important, c’est de voir à ce que notre enfant dorme suffisamment. Sinon, il pourrait avoir de la difficulté à se concentrer à l’école, à gérer ses émotions ou encore connaître des problèmes dans ses relations avec les autres.