Fâché noir contre Twitter

La première chose que tu fais en te levant c’est d’aller voir sur Twitter si ton nombre d’abonnés a augmenté. Mais aujourd’hui, horreur, tu te rends compte que t’en as un DE MOINS. Ça, c’est fâchant ! Je te dis que ça te gâche une journée! Ahlala! C’est difficile de se sentir rejeté d’une façon aussi violente, hein? Et l’autre malpoli n’a même pas daigné t’expliquer pourquoi il a coupé les liens! Je comprends le drame que tu vis. Au cas où ce serait moi qui aurais cessé de te suivre, voici quelques-unes des raisons possibles.

T’es un coach de vie. Ou un conférencier. Ou les deux.
Tu te décris comme un «passionné» de quelque chose.
Ou comme une «fille fofolle».
Ou un «malade de sports».
Ou un(e) célibataire urbain(e).
T’as réussi à faire trois fautes dans ta phrase de présentation.
Ça fait six mois que t’es là et t’as toujours pas compris comment mettre une photo de profil.
T’es un agent d’immeuble. Tu sais, m’offrir un condo de 600 pieds carrés sur le plateau pour 800 000$, c’est bien aimable mais, quand je fais des achats impulsifs, ça dépasse rarement 20$.
T’es une « fière maman » et tu donnes tous les détails au sujet des fluides qui sortent de bébé.
T’es surtout là pour tenter de faire pogner les nerfs à Guy A. Lepage.
Tu ne fais que retweeter Cyberpresse. (Tu sais, nous aussi on suit Cyberpresse.)
Ou tu retweetes Normand L’Amour.
Ou tu es Normand L’Amour.
T’es un groupe dont la description du style musical comporte plus de trois mots.
Tu mets plein de hashtags à chaque statut pour être drôle.
#JEVAISFAIREUNEBLAGUEETMETTREUNLONGHASHTAGHIHIHI !!!
Tu sais pas c’est quoi un hashtag.
Tu crois qu’écrire 50 statuts « drôles » par jour va lancer ta carrière d’humoriste.
Tu mets des « lol » ou des « hahaha ! » après tes propres blagues. Est-ce que tu sais à quel point ça rend mal à l’aise, quelqu’un qui rit de ses blagues ?
La moitié de tes statuts sont des demandes de te suivre pour faire des chiffres ronds. « Plus que 44 personnes pour arriver à 50, waou ! »
Tu t’exprimes surtout par des points d’exclamation et des émoticônes.
Tu t’excuses chaque jour de ne pas être assez présent sur Twitter.
Tu as un message automatisé pour remercier les gens de te suivre. Ben oui. T’as 28 abonnés et t’es trop occupé pour leur envoyer un message personnel ?
Tu bitches quelqu’un que j’aime plus que toi.
T’écris en PUTAIN DE MAJUSCULES.
Tu crois que Twitter a été conçu pour dire ce que tu manges ou pour décrire le temps qu’il fait. Un coup parti, pourquoi ne pas te fouiller dans le nez et nous décrire ce que tu y découvres ?
T’en es pas encore revenu qu’il y ait de la pub sur les BIXI.
Tu es le métro de Montréal et tu annonces un ralentissement. Si on est dedans, on le savait déjà et on n’a pas accès à une connection internet pour l’apprendre. Si on n’est pas dans le métro, on s’en sacre.
Non, vraiment, tu peux pas imaginer à quel point on s’en sacre.
Tu remets la même blague plate sur Twitter quand tu te rends compte qu’après une heure personne ne l’a commentée sur Facebook.

Allez, cesse de t’en faire. On ne te rejette pas parce que tu es une mauvaise personne. Après tout, les réseaux sociaux c’est rien que du virtuel et toi, t’es probablement plus doué dans «la vraie vie». En tout cas, on te le souhaite.

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