Fâché Noir contre les phrases toutes faites (deuxième partie)

Un autre petit tour d’horizon de ces phrases énervantes qu’on regrette chaque fois qu’elles sortent de notre bouche.

- Lire la première partie -

«Je vais me coucher moins niaiseux à soir.»
Ah, non, désolé. Vraiment pas. Il ne faudrait pas confondre intelligence et connaissance. C’est pas parce que tu viens tout juste de mémoriser une nouvelle information que ton quotient intellectuel vient de bondir vers les sommets. Un gros con capable de citer de mémoire le nom des sept nains dans Blanche-Neige reste tout de même un gros con.

«C’tait un ben bon monsieur. Tranquille. Il faisait son épicerie tous les samedis. On avait le même coiffeur…»
Je te l’accorde, découvrir que son voisin est un tueur en série a de quoi surprendre. Mais rares sont les détraqués qui ont l’élégance d’afficher clairement des signes de leur folie, tel Charles Manson et sa croix gammée tatouée sur le front. Les tueurs en série, s’ils veulent exercer leur hobby sans se faire repérer, ont plutôt tendance à être discrets et à ne déranger personne. Et même eux doivent manger. Et leurs cheveux poussent. Et ils font du lavage, comme tout le monde. Ce sont d’ailleurs les spécialistes pour déloger les taches de sang des tissus délicats.


«Maudit pont! Pourquoi c’est toujours bloqué?»
Si c’est ce que t’es en train de hurler, le poing sur le klaxon et les yeux sortis des orbites, ça signifie que toi aussi t’es dans ta voiture, bloqué sur ce pont. As-tu remarqué l’ironie de la chose? Tu ne fais pas partie de la solution, mais du problème. Alors tu vas devoir prendre ton mal en patience. Allume la radio et chante des chansons.

- Lire aussi: Fâché Noir contre le gars qui klaxonne -

«Un enfant de deux ans aurait pu peindre une toile pareille!»

L’art contemporain, comme toute autre chose, c’est pas parce qu’on ne comprend pas c’est quoi que c’est nécessairement niaiseux. L’homme de Cro-Magnon avait la fâcheuse habitude de frapper à coup de gourdin tout ce qui lui était inconnu et certaines personnes ont tendance à reproduire ce comportement, en dénigrant ce qu’ils ne comprennent pas, comme l’art contemporain, la théorie de l’évolution ou la chevelure d’Alex Perron. Il faut savoir que l’art n’est pas généré par des gens qui «auraient pu le faire», mais bien par des gens qui ont retroussé leurs manches et qui l’ont fait.

«On utilise seulement 10% de notre cerveau.»
Cette théorie a peut-être été vraie en 1966, pendant quelques heures, avant d’être invalidée par tout un panel de scientifiques. Et c’est ce qui est  merveilleux avec la science : elle évolue. Pourtant, on nous ramène sans cesse des faits discrédités depuis longtemps. Les livres du genre «utilisez le plein potentiel de votre cerveau» sont écrits par des «docteurs» peu enclins à révéler que, dans la plupart de nos activités quotidiennes, toutes les sphères de notre cerveau sont utilisées. (Oui, même quand on joue à «Angry Birds» sur les heures de bureau.) Dans la même optique, il est bon de savoir que les autruches ne se cachent pas la tête dans le sable, que David Copperfield ne fait pas vraiment disparaître des avions de ligne et que les éclairs et le tonnerre ne sont pas des signes que les Dieux sont fâchés.

«Moi, dans mon temps…»
Tu sais, grand-papa, que si t’es nostalgique de ton temps, tu peux aller le visionner presque intégralement sur YouTube?

«Quand Maladie rime avec Pauvreté»
Ben non, justement. Ça rime pas.

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