Fâché noir contre le questionnaire de Proust

Cette semaine, notre chroniqueur, l'auteur Stéphane Dompierre, nous en apprend plus sur sa personnalité grâce à ce fameux questionnaire.

Le principal trait de mon caractère.

Fâché noir.

La qualité que je préfère chez un homme.

Bon, c’est quoi, là, on essaie de voir si j’aurais pas une petite tendance homosexuelle? Essaie pas, Proust, t’es pas mon genre.

La qualité que je préfère chez une femme.

Ben là, franchement, je vois venir, à cent mille à l’heure! T’as un amie célibataire à me présenter? Laisse faire ça. Tu me connais pas, et je crois pas que tu vas en apprendre beaucoup à mon sujet avec tes drôles de questions.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis.

L’exemple typique de question où il faut mentir pour les garder, justement, ces amis. «Leur chalet» ou «leur blonde» ne sont pas des réponses acceptables, alors on ment ou on se tait. Je me tais.

Mon principal défaut.

Ah, j’en ai plein! Et ceux qui se donnent la peine de commenter cette chronique m’en énumèrent au moins quatre ou cinq chaque semaine.

Mon occupation préférée.

J’aurais cru que c’était «remplir des questionnaires», mais non. Plus maintenant.

Mon rêve de bonheur.

Encore là, il faut mentir pour se donner bonne image. «Ta blonde et ton chalet» :inacceptable. «La fin des guerres et de la famine dans le monde» :beaucoup mieux.

Quel serait mon plus grand malheur?

Mourir sans avoir aimé véritablement. (C’est beau, hein? J’ai simplement fait un copier/coller de la réponse de quelqu’un d’autre. Moi aussi j’aime ça me donner des airs intelligents.)

La couleur que je préfère.


Viens-tu vraiment de me demander ça? RAPPORT.

La fleur que j’aime.

Je vais faire comme si j’avais rien entendu.

L’oiseau que je préfère.

Heille, Proust, lâche-moi avec la nature, d’accord? Qu’est-ce ça te donnerait de savoir ça? Si tu cherches une idée de cadeau à me faire, j’ai une liste de livres et de DVD que je peux t’envoyer.

Mes auteurs favoris en prose.

J’imagine que t’aimerais ça que je dise «Proust», hein? Ça te donnerait l’occasion de faire ton frais, mais non. La seule chose que j’ai lu de toi, c’est ton maudit questionnaire et je le trouve plate. Voir si je vais me taper les 400 pages de ton roman «Du côté de chez Schwartz».

Mes héros dans la fiction.

Dans la fiction? Désolé mais des héros fictifs qui sauvent des enfants fictifs d’un orphelinat fictif en flammes (fictives), ça m’impressionne pas trop.

Mes noms favoris.

Steve Papineau. Ben quoi! Ça me fait rire, bon! Tu veux que j’y réponde à ton questionnaire, oui ou merde?

Ce que je déteste par-dessus tout.


Tout.

Le fait militaire que j’admire le plus.

Ha, celle-là, je l’adore! C’est la question avec laquelle j’aborde les filles dans les bars. Un succès assuré.

La réforme que j’estime le plus.

Donne-moi un choix de réponse, le grand. Je sais même pas de quoi tu parles.

Comment j’aimerais mourir.

Je sais pas mais je m’enligne pour mourir d’ennui, tout de suite, là.

État présent de mon esprit.

Tanné.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.

Les gens qui ne connaissent pas le prénom de Proust. (Haha! Vous avez un petit trou de mémoire, là, hein? Je vous pardonne, je suis indulgent. C’est Marcel. Et vous serez contents d’apprendre que ce n’est même pas lui qui a élaboré ce questionnaire, il n’a fait qu’y répondre. C’est Bernard Pivot, qui aimait piger dedans pour poser des questions à ses invités, qui l’a rebaptisé «Questionnaire de Proust».)

Ma devise.

Proust, mais Proust égal.

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