Fâché Noir contre l'Halloween

On tente de nous faire croire que l’Halloween est une fête pour les enfants, mais ce n’est pas vrai du tout.

 Prenez la décoration des citrouilles. Il faut d’abord ramener cette cucurbitacée géante qui pèse au moins cinq kilos à la maison, l’ouvrir avec un grand couteau pointu, la vider, la sculpter et y mettre une bougie allumée. Vous laisseriez vos enfants jouer avec des couteaux et des bougies, vous? Souhaitez-vous que votre enfant devienne pyromane? Tueur en série? Chef cuisinier plein de tatouages spécialisé dans les desserts à la citrouille? Évidemment, non.

Les déguisements, ce n’est pas pour les enfants non plus. J’ai visité récemment une boutique spécialisée et je n’y ai trouvé que des masques peu sécuritaires, des épées étrangement inefficaces et des accoutrements de prostituées - écolière sexy, policière sexy, vieille sorcière sexy - ne comportant aucune bande réfléchissante sécuritaire quand vient le temps de traverser les rues en zigzaguant entre les voitures. Et puis à quoi bon habiller votre enfant en Gandalf sexy s’il lui faut enfiler son manteau d’hiver par dessus son déguisement pour sortir affronter la pluie et le froid du 31 octobre?

Car, oui, je ne vous apprends rien (comme d’habitude), le but ultime de cette fête, pour un enfant, est d’apprendre à mendier et de revenir à la maison avec un sac rempli de bonbons. Mais pourquoi? Le sucre cause des caries et de l’embonpoint et puis de toute façon vos enfants n’auront plus que des bonbons ennuyants comme les klendaks qui collent au palais ou les pommes avec des lames de rasoir une fois que vous, parents, leur aurez dépouillé des Rockets, tablettes de chocolats et autres friandises intéressantes pour les dévorer en cachette quand les jeunots seront à l’école. Le soir du 31, soyez responsables et confiez plutôt vos enfants à une jeune gardienne qui écoutera avec eux un festival de films d’horreur sans pause publicitaire à la télé.

Parce que l’Halloween, c’est surtout une occasion de plus pour les adultes de se paqueter. Mais les adultes n’aiment pas les choses simples. Les «soirées costumées» où chacun pouvait arriver accoutré comme bon lui semble sont terminées. Maintenant, les gens qui vous invitent y vont de soirées à thèmes plus compliquées les unes que les autres. Soirée «Harry Potter», soirée «armée Romaine, mais seulement sous le règne de Jules César», ou encore soirée «personnages féminins des jeux d’arcade de la console de jeu Colecovision sortis entre décembre 1982 et juillet 1984», chacun rivalise d’imagination pour nous détruire le moral. Le papier d’aluminium et les cure-pipes pour se fabriquer un habit de robot ne suffisent plus, et la moindre festivité vous demandera au moins une semaine de recherche historique, mille dollars d’investissement ou la lecture de sept livres d’à peu près mille pages chacun.

Joyeuse Halloween quand même! (Eh oui, l’Halloween, c’est féminin.) Je vous attends à la maison déguisé en zombie sexy avec une poignée de klendaks tout raides dont je n’ai pas réussi à me débarrasser l’année dernière .

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