Coït : éduquons-nous, ça presse!

Pour plusieurs individus, pénétration rime avec relation sexuelle complète. Cela sous-entend donc qu’un rapport sexuel sans mouvement de va-et-vient interne resterait inachevé. Or, les caresses et l’amour oral peuvent être tout aussi satisfaisants pour l’homme et pour la femme. Notre sexe, nos attentes, notre éducation sexuelle et certaines idées préconçues forgent nos conceptions du coït. Et si on faisait table rase de tout ça pour revisiter la relation sexuelle?

(Getty Images)La pénétration n’a pas la même signification pour l’homme et pour la femme. Pour lui, il s’agit de plaire et de donner du plaisir à sa partenaire; pour nous, c’est une façon de nous rapprocher de notre amant et de ressentir une intimité avec lui.

Afin de bien saisir la différence fondamentale qui existe entre les hommes et les femmes en ce qui a trait à la sexualité, il importe de savoir que les femmes sont davantage axées sur le ressenti et sur les émotions, et que les hommes focalisent sur leur zone génitale et sur les sensations fortes. La pénétration ne signifie donc pas la même chose pour l’homme et pour la femme. Pour lui, il s’agit de plaire et de donner du plaisir à sa partenaire; pour nous, c’est une façon de nous rapprocher de notre amant et de ressentir une intimité avec lui. Ces perceptions ne découlent pas seulement du fait que l’on soit homme ou femme, mais également de l’éducation sexuelle reçue.

Manquons-nous d’éducation sexuelle?

Tout petit, l’homme apprend à cacher ses émotions, à être fort et performant. À l’adolescence, il est éduqué par ses pairs, entre autres, et bien souvent par la pornographie. À l’école, dans le cadre de cours d’éducation sexuelle, l’adolescent en apprend davantage sur la mécanique de la reproduction, sur le sécurisexe, sur la contraception et sur les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) que sur les relations intimes et sur la pénétration.
Le contenu de ces cours d’éducation sexuelle, bien souvent offerts par l’infirmière de l’école, se limite généralement à la santé sexuelle et à la contraception.

La pornographie au service de l’homme

Afin d’approfondir ses connaissances en matière de sexualité, l’adolescent va se tourner vers une source d’information de plus en plus accessible: la pornographie. Bien que les jeunes y soient davantage exposés en 2009, cette tendance ne date pas d’hier. La plupart des hommes ont un premier contact avec le corps érotisé d’une femme nue par le biais de revues érotiques, de films XXX, de sex-shops ou d’Internet. La pornographie valorise l’érection et la pénétration par tous les orifices. Assujettie aux mâles, la femme-objet qu’on voit dans les films pornos est parfois victime de coïts interminables, de pénétrations brusques et rapides, rythmées par des verges aux dimensions souvent exceptionnelles. Présentées à l’aide d’un montage astucieux, ces images véhiculent une certaine violence à l’égard des femmes: des surhommes semblent les culbuter pendant des heures! Les hommes ont ainsi l’impression qu’ils sont de meilleurs amants si le coït est long, ce qui est discutable! Quoi qu’il en soit, l’image pornographique de la femme qui se fait pénétrer (dominer) est très loin de la réalité. Tout comme l’idée de posséder, d’avoir «eu» une femme par la pénétration. Si ces représentations servent véritablement de premiers repères aux hommes, alors nous pouvons croire à un manque d’éducation sexuelle. Fort heureusement, nos mecs sont assez intelligents pour faire preuve de discernement. Cependant, ils demeurent fortement motivés par le désir d’offrir une performance, car c’est ce que valorisent la pornographie et la société en général.


Les femmes responsables de leur plaisir

Les hommes ne sont pas les seuls à se mettre de la pression; en effet, les femmes ont souvent des attentes trop élevées envers leurs partenaires sexuels. Elles s’attendent à ce qu’ils les fassent jouir, alors qu’elles sont en réalité autant responsables qu’eux, sinon plus, de leur propre plaisir sexuel. Parce que les femmes sont moins portées vers la masturbation, elles ne se rendent pas compte qu’elles ont également un rôle à jouer dans leur quête de la jouissance.
Le clitoris est l’organe le plus sensible au plaisir chez la femme; la pénétration à elle seule ne suffit généralement pas à atteindre l’orgasme. Il importe donc d’adopter des positions favorisant le frottement du clitoris, qui comporte plusieurs terminaisons internes et externes, pour pouvoir profiter pleinement du coït.

2 mythes tenaces

«Plus c’est long, plus c’est bon!»

La durée moyenne d’un coït se situerait entre 3 et 7 minutes. Au-delà de 13 minutes, le vagin peut commencer à être moins lubrifié, la pénétration peut devenir moins aisée, l’intensité est moindre, et ça peut même être éreintant! Les hommes croient, à tort, qu’ils feront davantage plaisir à leur partenaire s’ils résistent plus longtemps à l’envie d’éjaculer. Bien que les femmes aient des capacités multi- orgasmiques, après une quinzaine de minutes de va-et-vient, elles deviennent irritées dans tous les sens du terme! Certaines femmes vont jusqu’à feindre l’orgasme pour que leur homme se laisse aller et qu’il leur foute la paix!

«Dans le fond, c’est bon»

Bien que certaines femmes apprécient les pénétrations profondes, il faut savoir que les zones érogènes féminines se situent à l’entrée du vagin. Il n’est donc pas nécessaire d’y aller «à fond la caisse»!


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