Chronique avec bénéfices: la mode des souliers

(Le féminin a été utilisé afin d'alléger le texte et de renforcer le stéréotype.)

Les souliers passent de mode, mais la mode de triper souliers reste toujours à la mode. Même si la relation entre la femme et les paires de chaussures est une histoire d'amour qui dure depuis à peu près toujours, la tendance a sûrement été consolidée avec Carrie Bradshaw dans Sex & the City qui, pour se remonter le moral, allait toujours se magasiner une paire à 500$.

D'ailleurs, si on veut régler les problèmes en santé, il suffit de taxer les souliers.

Ce qui est particulier, c'est que même si elles y dépensent une fortune, elles sont fières de leur obsession. Elles en parlent avec ce regard de femme trop heureuse dans une secte louche. «T'as jamais trop de souliers!», disent-elles avec enthousiasme et l'oeil qui tique.
Les fanatiques se sont créé un besoin.

Dans un monde idéal, elles auraient une paire de souliers qui s'agencent à chaque vêtement qu'elles portent (et selon la période du jour). Voilà qui justifie un «walk-in» de trois kilomètres et le constant besoin d'en magasiner encore plus (même via le web!)
Non seulement elles portent une attention folle au choix de leurs chaussures, mais elles appliquent la même rigueur à tout le monde. Elles jugent les gens en fonction de ça. Ne possédant qu'une paire de souliers pour l'été, une paire de bottes pour l'hiver et une vieille paire de Doc Martens usée pour les fois où je dois peinturer, inutile de dire qu'elles me méprisent au premier regard.

Selon mes savantes observations, voici les priorités dans l'achat d'une nouvelle paire de godasses:
1. Le prix (plus cher = plus beau)
2. La marque (plus glamour = plus beau)
3. Originalité (PAS la même paire que la garce au bureau.)
...
108. Le confort.

En fait, si t'es confortable, c'est sûrement que ton soulier est d'une monotonie sans nom. Mais au moins, ils te font. «Shoes always fit.» Pas mal plus facile de se remonter le moral avec une paire de soulier qu'en magasinant un bikini (un peu trop) serré.

Si t'es un gars et que tu ne remarques jamais les souliers, rassure-toi, c'est normal. Personnellement, je remarque surtout les conséquences. Par exemple, comme tous les autres gars, je remarque que les talons recrinquent le popotin. Je me souviens aussi d'avoir remarqué Emmanuelle Latraverse aux dernières élections fédérales à Radio-Canada parce qu'elle avait vraiment l'air de souffrir en se déplaçant. On aurait dit une fillette qui joue à la madame. Je lui ai tweeté de les enlever, mais sans succès.
Malgré ça, je ne pourrais même pas en dire la couleur. Je pourrais remarquer si une fille en portait des vintages à l'effigie des Nordiques, peut-être. J'aimais bien aussi ceux avec un mini-aquarium dans le talon et un petit poisson rouge qui nage dedans.

Sinon, sincèrement, je n'arrive pas à comprendre ce qui est beau ou pas. Cela dit, ce que j'ai très vite compris, c'est que même si pour moi ils sont à peu près tous identiques et plutôt insipides, il ne faut jamais le montrer.

En fait, si tu veux avoir des chances avec ces filles, tu dois leur démontrer que tous ses efforts (sa névrose) en valent la peine. Après tout, le dicton le dit: si tu complimentes une femme sur ses souliers, dans ton lit bientôt elle va rappliquer.