Butiner (ou attendre la perfection)

(Getty Images)Connaissez-vous le syndrome du butineur? (Ou de la butineuse, les femmes ne s’en sortent pas mieux.) On le retrouve souvent sur le marché des célibataires. Surtout chez les plus endurcis.

C’est la personne qui croit toujours qu’il existe une plus belle fleur quelque part. La quête de la fleur parfaite! Fleur parfaite qui n’existe évidemment pas.

Le butineur peut être le courailleux qui se cherche une nouvelle conquête à chaque deux-trois jours ou la personne tranquille qui préfère regarder défiler les candidats sans jamais s’essayer. Ça donne le même résultat : aucun engagement sérieux.

D’éternels insatisfaits!

La personne vole (et survole) de fréquentation en fréquentation sans prendre le temps de bâtir quelque chose de valable avec quelqu’un. Dans le positif, elle ne s’engage jamais dans une relation qui risque de mal se terminer. Dans le un-peu-moins positif, elle ne s’engage jamais avec personne.

Même en couple, le butineur a de gros problèmes parce qu’il pense constamment à ce qu’il est en train de manquer à l’extérieur. Peut-être que le sentiment amoureux pourrait être un peu plus fort? C’est un peu une prophétie autoréalisatrice : il est tellement persuadé que son couple est voué à l’échec que ça finit par arriver.

« À la prochaine fleur! »

Une nouvelle fleur plus belle. Avec moins de risques ou d’efforts. Une fleur riche qui acceptera notre salaire moyen. Une fleur chromée mais qui ne sera pas superficielle. Une fleur sexy mais fidèle. Une fleur cool et branchée qui ne nous jugera pas d’écouter de la télé réalité le dimanche soir.

Un beau plan réaliste.

Mais bon, butiner est tout de même un comportement qui se défend. Avec le temps, on aiguise de mieux en mieux notre instinct relationnel. On arrive de mieux en mieux à deviner comment chaque relation risque de se terminer. (Mal.) Pourquoi s’embarquer dans quelque chose qui ne fonctionnera pas de toute façon?
Bonne question, mais autre question un tantinet plus pertinente : est-ce vraiment de l’instinct, ou de la peur?

Butiner, c’est un peu comme attendre de trouver le job parfait avant d’appliquer sur un poste quelconque. Tu risques de manger du Kraft Dinner longtemps. Et le pire, c’est que si après une longue recherche tu trouves enfin la fleur (en apparence) parfaite, t’as de bonnes chances de te faire revirer pour manque d’expérience.

Butiner, c’est voué à l’échec pour deux raisons bien simples :
1.    Il y aura toujours une autre fleur quelque part qui a l’air d’être mieux.
2.    La perfection n’existe pas.

La seule chose qui peut arriver au butineur, c’est de manquer de temps.

Un beau jour, sa situation change. Il se ramasse à perdre de l’attrait ou sa santé. Il perd un peu de vigueur dans l’aile et réalise le pire : « Aaah! Je vais manquer de temps! »

À ce moment-là, s’il est vraiment chanceux, il aura la chance de se réessayer une autre fois. Essayer une fleur pour vrai. Et bien souvent, rendu là, il en viendra à se demander ce que ç’aurait pu donner s’il s’était branché avant.