Bonheur de terrasse

La terrasse, c’est les vacances. (Getty Images)On a tendance à penser que la saison des terrasses s’ouvre avec le printemps, mais je crois que c’est l’inverse, le printemps ne s’amorce vraiment que lorsque les terrasses sont enfin ouvertes.

Est-ce qu’il y a un plus grand symbole de bonheur qu’une terrasse ensoleillée? Du gros soleil, quelques consommations bien froides, du beau monde à regarder légèrement vêtu. Qu’est-ce que tu peux demander de plus à la vie?

(Des verres gratuits? Bon point.)

On peut même choisir sa terrasse en fonction du genre de passants qu’on aime. Si la terrasse est sur un toit, c’est très bien, mais à moins d’avoir quelques spécimens au corps spectaculaire qui viennent se faire bronzer (à la grandeur) sur le même toit, je trouve ça un peu tranquille. Il vaut mieux sortir un peu.

Car la saison des terrasses, c’est aussi la saison des jeux du regard. On dirait qu’on a accumulé un paquet de tensions durant tout l’hiver et que ça nous a tous rendu complètement Gino ou Ginette.

Pour l’occasion, tout le monde a sorti ses plus belles lunettes de soleil, ce qui a deux conséquences. En partant, tout le monde a une plus belle face avec la bonne paire de lunettes de soleil. Comme spectateur, on dirait qu’on extrapole toujours de façon positive sur la partie de la face qu’on ne voit pas. Et surtout, les lunettes de soleil, ça permet de se mater entre nous dans une parfaite hypocrisie.

Le jeu ressemble à :
-    On repère parmi les passants et passantes quelqu’un à notre goût.
-    On tombe solidement en amour.
-    On imagine un futur (ou au moins quelques nuits).
-    Si c’est inspirant, on sort notre meilleur sourire afin de voir s’il y a réciprocité.

Quand c’est le cas : super, Don Juan! Quand ce n’est pas convaincant, on vit un deuil encore plus court que le coup de foudre d’il y a quelques secondes. Et avant même d’avoir terminé sa gorgée de sangria, il y a déjà quelqu’un d’autre qui s’apprête à reprendre notre cœur en otage.

C’est étonnant le nombre de fois qu’on peut répéter ces quelques étapes faciles.

La terrasse, c’est les vacances. Le seul négatif avec tout ça, c’est qu’il faut éventuellement retourner à la réalité. La réalité où l’on est possiblement déjà matché, ou qu’on a oublié de se crémer ou bien cette réalité où on est sur notre heure de diner. Rien de pire que de retourner au boulot après avoir eu la très mauvaise idée de prendre la fameuse deuxième pinte qui tue (et qu’on a l’air d’un homard chromé).

C’est le temps de l’année où tout a tendance à se simplifier. La terrasse n’est même pas obligatoire. Il ne suffit que d’un parc, d’un lac ou d’un 6-pack (je commence à sonner alcoolique). Une simple marche devient une idée de date tout à fait acceptable. Si t’as peur d’avoir l’air gratteux, tu payes la traite de crème en glace à mi-parcours.

C’est simple, c’est beau, c’est chaud.

Et ça ne fait que commencer!

À la vôtre!