Maman 24/7

«The Impossible» ou l’instinct de survie d’une mère

The Impossible (Everett)Maria Belon et son mari Enrique sont en voyage en Thaïlande avec leurs trois jeunes garçons. Un bel hôtel, un site paradisiaque, des vacances de rêves pour la période des Fêtes. C’était en 2004. La suite, on la connaît: un tsunami a frappé la côte le 26 décembre. Une vague géante a tout ravagé. Près de 6000 personnes sont mortes à cet endroit; le séisme dans l’océan indien a fait près de 230 000 morts dans dix pays limitrophes.

Maria et tous les membres de sa famille ont survécu. Un miracle. De là le titre du film consacré à leur histoire: The Impossible (en salle depuis vendredi, réalisation de Juan Antonio Bayona). Comment Simon, 5 ans, qui venait tout juste d’apprendre à nager, a réussi à s’en sortir? Comment son frère Tomas, 7 ans, a-t-il pu tenir bon, accroché à un arbre? Comment la mère, par pur hasard, est tombée sur son aîné Lucas, 12 ans, dans le tourbillon des flots et qu’ils ont pu s’épauler pour survivre? L’histoire est rocambolesque, incroyable, épouvantable…

Et merveilleuse en même temps.

Ce n’est pas un film reposant. Ce n’est pas un feel-good movie. Certaines scènes – je pense particulièrement à celles du raz de marée qui durent une bonne dizaine de minutes – sont presqu’insoutenables. Mais The Impossible est aussi et surtout l’histoire d’une famille unie, de leur amour, de la force de leurs liens. La mère (incarnée par Naomi Watts, en nomination pour un Oscar) c’est moi, c’est vous, c’est votre mère, ce sont toutes les mères du monde. Ces mères prêtes à se battre bec et ongles pour protéger leurs enfants… même quand l’adversaire est le plus redoutable et le plus imprévisible de tous: Dame Nature.

Je me suis reconnue dans chaque geste et réflexion de Maria. J’ai ressenti toute son impuissance, son désarroi, sa tristesse, sa peur, son inquiétude et son amour, immense, pour ses trois fils. Ces émotions sont universelles.

Je suis rentrée chez moi le cœur serré, l’œil encore mouillé. En allant me pencher sur le lit de mes deux trésors, je me suis rappelé que derrière chaque bilan mortel de catastrophes naturelles, derrière ces chiffres anonymes qu’on lit et qu’on entend, il y a des histoires, des visages, des noms, des familles.

Tous n’ont pas eu la même chance que Maria, Enrique, Lucas, Tomas et Simon.

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