Maman 24/7

Non à l'avalanche de cadeaux

«Cette année, je voudrais un toutou Angry Bird, des figurines Mario Bros… » La liste énumérée par mon fils de quatre ans, dans sa lettre destinée au Père Noël,  est bourrée de produits dérivés, de jouets en plastique (probablement faits de produits toxiques, allez savoir), de jeux trop bruyants (même les casse-têtes font du bruit de nos jours) et de toutes sortes de babioles qu’il laissera de côté le matin du 27 décembre.

La période des Fêtes m’horripile. Non, attendez, c’est l’avant période des Fêtes qui m’agace. Je déteste cette manie d’acheter frénétiquement des tonnes de jouets aux enfants, des trucs souvent inutiles, inappropriés. Je me souviens avoir déballé une petite machine à coudre rose, je devais avoir six ou sept ans, et faire la moue devant toute la parenté: à quoi diantre avait pensé ma tante! Moi? Une machine à coudre? Que voulait-elle que je fasse avec ça?

Pour éviter ce genre de situation, je préfère fournir une liste de suggestions de cadeaux destinés à Fiston et Princesse. Je connais leurs goûts, certes, mais je connais aussi leurs besoins. Ne devrait-on pas donner à nos enfants ce dont ils ont besoin plutôt que de leur donner ce dont ils ont envie?

Évidemment, offrir en cadeau un jeu éducatif est pas mal moins sexy que la dernière peluche de la collection Angry Bird… Mais c’est nécessaire.

Chaque année,  je dois tenir mon bout : je dois rappeler à mes proches qu’un seul cadeau par enfant, c’est amplement suffisant. Vous imaginez bien qu’il s’agit là d’une mission délicate… Les achats des Fêtes sont liés aux valeurs de tous et chacun. Offrir un présent est un geste de générosité. On l’accepte, c’est tout. Sauf que de nos jours, à Noël, on ne fait pas que souligner sa gratitude par un cadeau : on déclenche une avalanche, pour toutes sortes de raisons. Et c’est là, je pense, que les parents ont le droit d’intervenir.

Fiston a récemment reçu une invitation pour l’anniversaire d’un ami où les parents avaient choisi d’inscrire, en nota bene, qu’il n’était «pas nécessaire d’apporter un cadeau car cela ne fait pas partie de nos valeurs» et que le plus important est «la présence de l’enfant à la fête». J’étais perplexe. Puis, soulagée: ce n’est pas toujours évident de trouver une surprise pour un enfant qu’on connaît à peine… Mis au courant, mon garçon a décidé, après quelques minutes de réflexion, de bricoler un cadeau à son copain.

Son initiative a fait du chemin: cette année, mes parents, mes sœurs et moi avons organisé un échange de cadeaux fabriqués entre nous. Au-delà du défi créatif du projet, j’ai l’impression de revenir, un peu, à l’essence de ce qu’est un cadeau : une pause dans la frénésie quotidienne pour penser à l’autre et lui confectionner quelque chose qui lui fera vraiment plaisir.