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Les Babyccinos : pas encore chez nous

Mon fils a-t-il goûté au café, à 13 mois, en mâchouillant un gobelet vide ?La folie des Babyccinos, ces minis formats de café décaféiné servis aux enfants, ne semble pas avoir frappé Montréal : un petit tour d’horizon dans des établissements aux quatre coins de la métropole démontre que la tendance observée aux États-Unis ne déferle pas ici... pour le moment.

« Nous n’en faisons pas chez nous, dit Simon Saint-Pierre du Café Saint-Henri. Nous servons de petits formats de chocolat chaud ou de lait moussé à des températures qui conviennent aux enfants, c’est tout. » Parmi les onze gérants et barista contactés, seulement deux connaissaient les Babyccinos et aucun n’en servait. Les établissements sont tous tirés de cette liste de cafés situés à proximité des stations de métro de Montréal.


Les Babyccinos seraient nés en Australie il y a une décennie et se sont multipliés en Angleterre et aux États-Unis. Un récent article dans le journal Brooklyn Paper a mis à jour la nouvelle habitude des parents hipsters et autres bourgeois-bohèmes accros à la culture du café. Ces parents laissent leur marmaille siroter une boisson chaude pendant qu’ils papotent : du lait chaud rehaussé d’un trait d’espresso… décaféiné. Il suffit de pianoter « babyccinos » sur les réseaux sociaux pour jeter un œil à des photos de bambins tout heureux « d’imiter » les grands : ici, ici et ici, par exemples.


Mauvais pour la santé ? Les médecins semblent dire que le breuvage est plutôt inoffensif puisqu’il contiendrait moins de caféine qu’une boisson gazeuse. Coup de marketing ? Certes. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est un brin malsain de programmer ainsi nos enfants… Leur donner le goût du café à 4 ans ? Pourquoi ? « Je ne trouve pas que c’est nécessaire ! s’exclame Tony Campanelli, du café du même nom, rue Notre-Dame. Mais bon, c’est une décision qui revient aux parents… »

Au Café Lili, le barista avoue que « l’idée n’est pas mauvaise » avant d’ajouter « mais je n’en donnerais pas à mes enfants ! »  En fait, la moitié des gens rejoints trouvait le concept des Babyccinos plutôt intéressant; l’autre moitié rejetait l’idée d’en offrir. Monique, gérante du Starbucks situé sur l’avenue Mont-Royal, se souvient avoir servi de petites doses de déca à des enfants, tel que demandé par les parents : « C’est arrivé une ou deux fois en un an, ça demeure très rare », dit-elle.


Personnellement, je me demande comment Fiston pourrait en arriver à me demander un Babyccino plutôt qu’un chocolat chaud lorsqu’on est de passage dans un café. Je dois toutefois admettre que depuis leur tout jeune âge, et Fiston, et Princesse aiment goûter du bout des doigts la mousse de lait fouetté de mon bol de café au lait quotidien. Ont-ils alors un aperçu de la saveur du café ? Probablement. Est-ce que j’en fais un drame ? Non. Mais de là à leur commander un café fait sur mesure pour eux, il y a un pas… que je ne serais pas prête à franchir.

Je me dis qu’ils boiront un latte quand ils seront en mesure de s’en acheter un – ou de s’en faire un. Remarquez, ça pourrait arriver plus vite qu’on le pense, si on se fie à ce formidable coup de pub…