Maman 24/7

La flamme de l’enseignement

(Getty Images)Je l’ai vue et j’ai su. Elle m’a inspiré confiance. Elle était souriante, disponible, détendue. Je l’ai sentie ouverte et à l’écoute. On dit souvent que la première impression est cruciale. Je crois qu’elle a passé ce test haut la main. Cette femme, là, debout devant moi, serait donc la toute première enseignante de Fiston. Ce n’est pas rien.

Il débarquera à la maternelle en septembre, tout frétillant, tout content, légèrement anxieux, mais prêt. Prêt à apprendre. Saura-t-elle répondre à ses attentes ? Saura-t-elle le stimuler, attirer son attention, le comprendre, l’amuser, l’encadrer ? Bref, saura-t-elle lui enseigner et lui montrer que l’école, c’est important et c’est l’fun ? C’est le début d’une grande aventure...

Fiston a hâte à la rentrée scolaire, il en parle régulièrement. Jusqu’ici, il a aimé toutes ses éducatrices à la garderie et à la pré-maternelle. Il embarque dans leurs projets, il adhère à leur enseignement, bref, il est volontaire. Une étude publiée aujourd’hui par Statistiques Québec démontre que plus l’enseignant est confiant dans ses compétences, qu’il a le sentiment d’être efficace, plus il a tendance à développer une relation positive avec chacun de ses élèves. Et plus ceux-ci ont des chances de réussir à l’école.

On apprend, dans cette enquête menée par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, que « la majorité des enseignants et des enfants entretiennent une relation positive à l’école surtout à la maternelle et au début du primaire ». Ainsi, à la maternelle, 68% des profs estiment qu’ils ont une belle relation avec leurs élèves – mais ce chiffre chute à 47% en quatrième année... Du côté des enfants, 89% d’entre eux affirment aimer leur professeur de maternelle ; ce chiffre chute  à 75% en quatrième année.

Pourquoi ce décalage entre l’impression de l’enseignant et celle de l’enfant ? Nos professeurs sont-ils débordés ? Trop stressés ? Leur métier est-il suffisamment valorisé ? D’où vient ce sentiment de ne pas être à la hauteur ? Et si les parents, ou leur mode d’éducation, y étaient pour quelque chose…

Pour ma part, je me promets de m’investir dans le cheminement scolaire de Fiston. Et de me tenir derrière cette femme que j’ai aperçue. Elle avait une étincelle dans les yeux. Son travail est maintenant d’allumer la flamme chez mon fils – et le nôtre, comme parents, est de l’entretenir. Ce n’est pas rien.