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Conciliation travail-famille : les trucs de Geneviève O’Gleman, nutritionniste

Un truc de Geneviève O’Gleman : faire cuire des plats en grande quantité. Crédit photo : Christian SavardL’expression 5 à 7 n’a plus le même sens depuis que j’ai des enfants. Adieu l’apéro, bonjour la course ! Course pour aller chercher les petits, course pour faire le souper, avec deux affamés dans les jambes. Et ensuite, c’est l’heure du bain, pyjamas, lecture, dodo. À 21h, après avoir rangé la salle de jeux, terminé la vaisselle et bouclé les boîtes à lunch du lendemain,  je suis épuisée, vidée. Rien d’extraordinaire : on est tous dans le même bateau, non ? Ce n’est pas ce qu’on appelle la conciliation ?

J’ai été forcée de devenir une experte en conciliation. Et pourtant, après toutes ces années, je n’en maîtrise pas tous les aspects. En fait, il y a des soirs où j’ai l’impression d’avoir échoué lamentablement… Je me suis donc pointée hier chez la nutritionniste, auteure, animatrice, chroniqueuse, journaliste et maman Geneviève O’Gleman avec une seule idée en tête : recevoir des conseils. Qui sait, ses suggestions me donneraient peut-être un second souffle pour passer au travers du dernier tiers de l’année scolaire ?

À 33 ans, Geneviève a un parcours impressionnant : auteure de quatre livres, dont trois sur l’alimentation et la famille (Boîtes à lunch santé, Rapido Presto et Bonne bouffe en famille), elle est une communicatrice touche-à-tout qui peut manier la plume (elle écrit pour le magazine Enfants Québec), enquêter (elle a réalisé le reportage sur la malbouffe dans les cafétérias scolaire dans le cadre de l’émission L’Épicerie), concevoir et animer des documentaires (comme L’assiette démystifiée, sur Canal Vie) et mettre la main à la pâte en cuisine (à Tout simplement Clodine). Tout ça en élevant Maude, 7 ans et en cuisinant tous les jours des repas sains et équilibrés… Comment y arrive-t-elle ? « Je fais de mon mieux ! dit-elle en riant. Mon but, c’est d’y aller à fond dans ma vie familiale, ma carrière et mes passions. Dans mon cas, tout est imbriqué l’un dans l’autre, peut-être que ça me facilite les choses. »

De toute évidence, Geneviève a trouvé la formule pour concilier travail et famille. « Tout le monde est différent, nuance-t-elle, il faut trouver sa propre formule, celle qui nous convient ». La clé, c’est de trouver du temps, d’aménager son horaire, de s’organiser. Comment ? Voici ses trucs et conseils ; aucune recette miracle mais des idées éclairantes, à mettre en pratique pour avoir le temps de prendre l’apéro entre 5 et 7…

1. Rentabiliser le temps en cuisine. « Quand on fait cuire du poulet, pourquoi ne pas en mettre deux au four ? Ça prend le même temps et on a l’espace… Nous serons moins dépendants des charcuteries pendant la semaine si on a de la matière première déjà prête. Tant qu’à salir des planches à découper, on se lance : on coupe des légumes pour les deux ou trois jours à venir. Même chose avec le riz ou les pâtes, on en prépare davantage pour avoir des restes. En cas de panne d’inspiration, nous aurons quelque chose sous la main ».

2. Avoir un frigo et un garde-manger bien garni. « Rien de pire que d’arriver à la maison fatiguée, de n’avoir aucune idée quoi cuisiner, de ne pas avoir le goût et en plus, de ne pas avoir d’essentiels sous la main. On met plus de chances de son bord en ayant en tout temps certains aliments qui sont de bons dépanneurs comme des conserves de tomates et de thon, du couscous, des pâtes, des œufs, du fromage et au congélateur, des poitrines de poulet, des merguez, des crevettes… »

3. Cuisiner à l’avance. « Pas besoin de cuisiner tous les dimanches, mais prendre deux heures pour préparer des plats, assez régulièrement, un jour de fin de semaine, ça va alléger notre semaine. Par exemple, je peux faire des muffins, un pain aux bananes et des carrés aux dattes : ils me serviront de collations, de desserts et de déjeuners. Je peux partir ma mijoteuse pour faire cuire une viande et mettre un potage au feu. Tous ces éléments vont travailler pour moi pendant que je vais aller jouer dehors. »

4. Ne pas culpabiliser. « Souper aux sandwichs au jambon ou aux grilled cheese, une fois de temps en temps, ce n’est pas dramatique. C’est même mieux que de se faire livrer d’un restaurant car cette solution coûte chère. Et c’est préférable à manger un repas surgelé dont on ne contrôle pas la liste d’ingrédients… »

5. Impliquer les enfants dans la cuisine. « Les enfants peuvent donner un coup de main. Ils seront fiers de se sentir compétents et on leur donnera le goût de cuisiner. De plus, c’est la meilleure façon de dédramatiser les petits caprices alimentaires… L’enfant n’aura pas tendance à bouder ce qu’il a lui-même préparé. On ne veut surtout pas que l’heure des repas devienne une lutte et que l’enfant se braque. En sollicitant l’aide des enfants, on leur donne la chance d’apprivoiser de nouveaux aliments. »