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Cinq noyades de bambins en 18 jours

(Getty Images)Quarante-et-une noyades. Au Québec seulement. Et cette année seulement. Neuf depuis le début de l’été. Et parmi les victimes, cinq sont des enfants âgés en bas de cinq ans, selon le bilan dressé par la Société de sauvetage. Le 22 juin, une fillette de cinq ans dans une rivière des Laurentides, dans un « lieu de baignade non surveillé », écrit-on dans le rapport d’accident rédigé par la Société de sauvetage. Le 26 juin, un bébé de 23 mois, dans la piscine familiale de Terrebonne. Le lendemain, un garçon de trois ans, aussi dans la piscine résidentielle, à Sainte-Martine. Le 4 juillet, un bébé de 16 mois, à Kirkland, dans la piscine derrière la maison. Et hier, une petite fille d’un an et demi, à Laval. Toujours dans la piscine privée de la famille.

Cinq tragédies. Cinq familles plongées dans le deuil, la souffrance, la culpabilité. Faut-il rejeter la faute sur les parents ? Ont-ils relâché leur surveillance dans les minutes, voire les secondes, précédant le drame ? Peut-être. Mais on n’en sait rien, au fond.

Récemment, j’ai vu le fils d’une voisine, âgé de cinq ans, réussir à grimper sur le rebord de la piscine hors-terre située dans la cour arrière de la maison. En moins de deux, hop!, le petit alpiniste y était. La piscine était pourtant munie d’un dispositif de sécurité ahurissant. Ce petit garçon sait nager – sauf que son frère de deux ans, qui a observé avec attention la manœuvre, lui, ne sait pas. Nous étions là, nous sommes intervenues. Et nous avons conclu qu’il fallait modifier la barrière de sécurité. Les enfants peuvent être très astucieux, dégourdis et… rapides.

Cinq noyades de bambins en 18 jours. Faut-il rejeter le blâme sur les parents ? Ceux-ci sont responsables de la sécurité des lieux. La piscine résidentielle doit être inaccessible aux enfants. Inaccessible, ça veut dire infranchissable, inatteignable, impénétrable, bref, interdite.  Et lorsque nos enfants sont dans l’eau, il faut les surveiller. Constamment. Être vigilants. Avoir des yeux tout le tour de la tête. On sonne à la porte ? On sort les enfants de l’eau et on sécurise la piscine. On discute avec les amis en prenant l’apéro ? On désigne une personne qui guettera les petits.

Faut-il blâmer les parents ? Levez la main ceux et celles qui n’ont jamais, ja-mais commis un impair en matière de sécurité avec leur enfant. Une promenade en véhicule tout-terrain chez les grands-parents, sans casque. Une courte distance en voiture avec l’enfant sur les genoux. Un suçon dans la bouche pendant un jeu au parc. Un tunnel et un fort construits dans la neige… Avec de jeunes enfants, il y a des tas d’occasions où l’imprudence peut coûter cher. Et pourtant, nul n’est à l’abri. Parce que personne n’est parfait.

Mais lorsqu’il est question de piscines, de baignades, d’étendues d’eau, les adultes sont obligés de modifier leur comportement. L’erreur, ici, est mortelle. Elle ne pardonne pas. Elle fauche.

Oui, il faut être zélé. Fanatique. Il faut penser au pire. Car il arrive – souvent et rapidement.