Buzz et trouvailles

Tendance du moment : tweetez à son insu votre conquête!

On peut toujours compter sur les humains pour développer une admiration sans borne pour les pires imbéciles. Depuis l’arrivée sur nos écrans des télé-réalités et de Twitter, le phénomène n’en est que plus évident. Le dernier des crétins, n’ayant pour compétences que de se raser la barbe en forme de vagues et pouvoir boire des shooters de Jagermeister par le nez se retrouve du jour au lendemain élevé au rang de célébrité, de demi-dieu, de sommité en allez-savoir-quoi.


C’est ainsi que Snooki publie des livres, que les couvertures de nos magazines sont remplies de passionnants papiers sur la redécoration du nouveau condo d’un couple quelconque et qu’il est possible de s’acheter un gilet décoré aux manches d’une réplique des tatouages d’un certain monsieur, fier inventeur de la « tente à cul ».

Bref, nous sommes une espèce ayant la dévotion assez facile, pourvu qu’on nous voie le visage à la télévision. C’est ce qui fait qu’une nouvelle tendance est née, grâce à Gaz, un protagoniste de la populaire télé-réalité britannique Geordie Shore, version anglaise de Jersey Shore, vous l’aurez deviné. Suite à un tweet  où il demandait à ses 500 000 fans qui, parmi eux, venait de se réveiller aux côtés d’une inconnue, plusieurs d’entre eux lui ont envoyé des photos de la fille endormie à leurs côtés. À son insu.

Gaz semblait la trouver bien bonne, et a même remercié ses fans pour les photos en plus d’en partager plusieurs, qui portaient la mention #bedofshame (lit de la honte). Bien qu’il ne s’agissait au départ que d’une farce, et qu’il est fort possible que l’ingénieux Gaz n’ait pas mesuré la portée de son geste, les médias anglais se sont vite emparés de l’histoire, et il a rapidement du présenter des excuses et supprimer les photos.

Plus décourageantes encore sont les réactions des fans en délire dudit champion, qui s’insurgent contre le fait qu’il ait été « forcé » de s’excuser, pour toutes sortes de raison que vous aimerez à coup sûr. Parmi les meilleures, citées sur Jezebel, un gentil garçon explique que « Si ces filles n’étaient pas si faciles, elles ne se retrouveraient pas sur #bedofshame », parce que nous sommes bien entendu en 1756 et chaque femme commettant une telle indiscrétion se mérite l’humiliation publique.

Une autre femme a écrit que « Les gens devraient se souvenir que les prétendues victimes de #bedofshame ont fait le choix de coucher le premier soir… #conséquences ». C’est beau, la solidarité féminine, vous ne trouvez pas?

En gros, la leçon à retenir, c’est que de un, il ne faut pas idolâtrer n’importe quel idiot prêt à s’humilier en échange d’argent, et de deux, l’internet, c’est grand. Il faut y réfléchir à deux fois avant de publier n’importe quoi…