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Les seins nus à New York

Moira Johnston en séance de Yoga à Times Square (Josef Hucedek Via Facebook)Loin de moi l'idée de critiquer les causes qu'une personne décide de défendre! On ne choisit nécessairement pas les causes qui nous interpellent, on dédie son temps à la défense de quelque chose plus souvent qu'autrement par émotion. Ceci dit, il y a certaines causes que je comprends beaucoup moins que d'autres... comme celle-ci.

L'activiste Moira Johnston a semble-t-il dédié sa vie à la défense d'un aspect très pointu du féminisme : le droit pour les femmes de déambuler en bedaine dans la rue au même titre que les hommes. Bien entendu, les femmes doivent absolument pouvoir faire tout ce que font leurs concitoyens masculins, c'est d'une évidence. Je ne prétendrai tout de même pas comprendre le combat mené par Moira, dont la popularité grandit ces temps-ci suite à un incident dans un cours de yoga, moi qui ne suis déjà pas la plus fervente amatrice d'hommes qui font leurs emplettes les mamelons à l'air.

Vous serez sans doute surpris d'apprendre qu'il est légal, depuis 1992, pour une femme de se promener sans porter de haut dans les rues de New York. Peu de femmes profitent vraiment de ce privilège, mais certaines activistes comme Moira Johnston travaillent très fort pour qu'on ne l'oublie pas.

Après avoir été mise en état d'arrestation au printemps dernier pour avoir refusé d'enfiler un chandail alors qu'elle se trouvait près d'un parc pour enfants à Union Square, Moira Johnston a depuis logé 13 plaintes auprès de studios de yoga qui ne permettent pas qu'on y pratique les seins nus. Selon la loi, si les femmes ont le droit de se trouver nu-seins dans les endroits publics, tous les endroits privés peuvent imposer leurs propres règles quant à l'habillement. Par exemple, de nombreux dépanneurs et restaurants refusent de servir les hommes (et sans doute les femmes) qui ne portent pas de haut.
Moira Johnston en pleine lecture à Union Square. (Josef Hucedek Via Facebook)
Si je suis toute en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, bien entendu, j'ai un peu de mal à comprendre en quoi Johnston tient aussi fort à se promener seins nus dans les rues de la grosse pomme. Fait-elle vraiment avancer la cause du féminisme en s'exposant aux regards libidineux des étrangers, aux visages outrés des mères frileuses et aux cris des enfants? Féminisme à part, est-il vraiment possible de faire abstraction de l'évidente présence de seins sur le torse d'une femme? Le but ultime de Moira est de normaliser la vue des seins, mais est-ce possible de les banaliser sans les désérotiser?

Dites-moi, chères lectrices, suis-je la seule à ne pas avoir du tout envie que la vue de mes seins devienne banale? Si tel est le cas, comment allons-nous manipuler les vendeurs et s'éviter des contraventions? Je blague, bien entendu, mais au risque de paraître coincée, j'ai envie que ma poitrine reste un mystère que je ne dévoilerai qu'aux chanceux de mon choix.