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Les cadenas de l’amour aux quatre coins du monde

(Getty Images)Je crois sincèrement que l’on n’a pas vraiment vécu si on n’a jamais voyagé. Le monde est trop grand, trop beau et trop fascinant pour qu’on ne se donne pas la peine d’apprendre à mieux le connaitre. Voyager change notre vision de la vie, nourrit notre esprit et cultive des souvenirs qui ne nous quitteront jamais. Voyager nous rapproche aussi de notre espèce, alors qu’on visite comme des millions d’autres humains avant nous des lieux magiques, chargés d’histoire, riches du passé et des expériences de nos concitoyens de la Terre.

Dans tous les coins du monde, d’adorables petites traditions pratiquées par les touristes et les locaux transforment une simple visite d’une ville en une expérience collective symbolique.  Je pense entre autres à la mosaïque du taureau à la Galleria Vittorio Emmanuele à Milan, en Italie, où des milliers de gens s’arrêtent chaque année pour faire un tour sur eux-mêmes, le talon bien enfoncé  sur la céramique représentant ses testicules, dans l’espoir de s’attirer la chance. L’aspect rassembleur de ces traditions rend un voyage encore plus spécial, au grand dam du pauvre taureau dont la céramique a fini par éroder sous le poids des talons de millions de futurs chanceux!

C’est dans le même esprit que s’inscrit la tradition des cadenas de l’amour, que j’ai découverte grâce à une liste réalisée par le directeur général d’Expedia Canada, Sean Shannon. Ça donne d’excellentes idées de lune de miel!

Les cadenas de l’amour sont placés par les touristes et les locaux le long de ponts à travers le monde, en symbole de l’amour qu’ils portent à ceux qui leur sont chers. La légende veut qu’en attachant un cadenas au grillage du pont Hohenzollern à Cologne, en Allemagne, puis en jetant la clé dans l’eau, on scelle son amour à tout jamais. Adorable, n’est-ce pas?
Tradition assez récente, les cadenas de l’amour apparaissent partout sur la planète depuis des décennies, devenant de plus en plus nombreux depuis le début du siècle. Ils jonchent les ponts et les monuments de dizaines de villes à travers le monde, symbole de l’amour de ceux qui les ont attachés. Depuis peu, on en trouve même au Canada, alors que les amoureux cadenassent leur amour dans un sentier sauvage sur l’île de Vancouver ainsi que sur le pont Humber, à Toronto.

On en trouve à Pécs, en Hongrie, le long d’une clôture; sur un arbre au milieu du pont Loujkov, à Moscou; sur le Ponte Vecchio, à Florence et même sur une clôture du pic du Lotus dans les monts Huang, à Huangshan, en Chine.

Leur origine n’est pas claire, et on en attribue la provenance à toutes sortes de choses, d’un roman italien à une légende grecque. En Serbie, un pont du nom de Most Ljubavi, qui signifie Pont de l’Amour,  existe même en l’honneur d’une tragique histoire d’amour entre une enseignante et un soldat datant d’avant la première guerre mondiale. Les jeunes filles de la ville y attachent des cadenas où elles ont écrit leur nom avec celui de leur amoureux, et jettent la clé dans l’eau dans l’espoir de protéger l’élu de leur cœur de la tentation des autres femmes.

Aussi touchante soit la tradition des cadenas de l’amour, elle est constamment en danger, puisque les municipalités menacent souvent de les retirer pour des raisons esthétiques ou de sécurité. Des centaines de cadenas ont disparu en 2010 du Pont des Arts à Paris, ainsi que du Humber Bridge à Toronto, et les autorités du sentier Wild Pacific, à Ucluelet sur l’île de Vancouver, considèrent retirer les cadenas parce qu’ils seraient une distraction pour les amoureux de la nature.

Malgré les cadenas qui sont retirés, les amendes imposées par certaines villes à ceux qui les attachent, la tradition refuse de mourir et des milliers d’amoureux rattachent chaque jour des cadenas par centaines, envahissant la gare de Fengyuan, à Taiwan, sur le Pont de l’Archevêché à Paris, dans la fontaine de Montevideo en Uruguay et sur le Ponte Milvio, à Rome.

N’en déplaise aux autorités, on ne peut que s’attendrir devant cette adorable tradition, symbolique et entêtée, parce qu’après tout, rien n’est plus fort que l’amour! Ça ne vous donne pas envie de partir en voyage en amoureux, vous?