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La terrifiante diète de cocaïne, d'hormones et de ouate des mannequins

La mannequin russe Kira Dikhtyar, en décembre 2011.Tout le monde sait que l'industrie de la mode est très exigeante envers ses mannequins, leur demandant de n'être guère plus que des ceintres vivants sur qui on suspend des vêtements, au nom de l'art et pour vendre du rêve, mais gageons que vous sous-estimez la torture qu'elles s'infligent quotidiennement pour rester compétitives au sein de ce dur milieu.

Alors qu'on entend presque chaque mois parler d'une nouvelle diète des stars et des modèles, qu'il s'agisse du régime Atkins ou de la South Beach Diet. Couper les glucides, ne manger que des protéines, boire du jus de germe de blé, prendre des comprimés de ceci, des capsules de cela. La diète Master Cleanse, l'une des plus bizarres à mon avis, consiste à ne consommer qu'un cocktail d'eau chaude, de jus de citron, de sirop d'érable et de poivre de Cayenne durant sept jours. Surprise : vous perdrez du poids.

Bref, on sait déjà que l'obsession de la minceur peut faire faire n'importe quoi aux personnes désespérées de perdre quelques kilos pour tenter de ressembler aux modèles de runway. Mais ces dernières, à qui on demande d'être encore plus maigres que les modèles qui posent dans les magazines, doivent aller beaucoup plus loin et mettre leur santé en grave danger pour conserver leur emploi.

La jeune mannequin russe Kira Dikhtyar, 24 ans, a décidé de s'adresser aux médias alors que débute aujourd'hui la New York Fashion Week afin de sensibiliser le commun des mortels aux horrifiants traitements que s'infligent les filles de son industrie.

Loin de s'en tenir à une alimentation équilibrée et à de l'activité physique, ces filles de qui on exige qu'elles ne soient qu'un squelette poussent la notion de diète à un extrême qui vous choquera.

Parmi les « trucs minceur » de ses collègues, Kira a raconté à Fox News qu'une diète de « paquets de cigarettes, de lavements du colon quotidiens, de laxatifs, de pilules amaigrissantes de Phentermine, d'Adderal (un médicament pour traiter l'hyperactivité et le déficit d'attention) et de médicaments coupe-faim » est souvent le lot quotidien des modèles de défilé.

« J'ai entendu que certains agents encouragent les filles à prendre du speed et de la cocaïne pour accélérer leur métabolisme et les aider à manger moins. De nombreuses injections sont de plus en plus populaires, comme le HGC en combinaison avec un régime à 500 calories par jour et des injections de T3, qui visent à stimuler l'activité de la glande thyroïde pour simuler l’hyperthyroïdie. »

Le HGC est une hormone qui est produite par le corps durant la grossesse, explique Bibby Sorway du Telegraph.co.uk afin d'aider l'utérus à produire l'épaisse couche de vaisseaux sanguins dont il a besoin pour supporter le fœtus. Elles sont également utilisées dans les traitements de fertilité, mais on leur a découvert des vertus coupe-faim. Puisqu'elles peuvent causer de sérieux effets secondaires, comme des caillots de sang et des pierres à la vésicule biliaire, les médecins découragent fortement les gens de les utiliser comme produit amaigrissant.

Kira dit que certaines filles vont jusqu'à manger des boules de ouate pour remplir leur estomac sans consommer de calories.

Certaines initiatives ont été mises sur pied pour contrer ce grave problème au sein de l'industrie de la mode, et les autorités américaines ont cette année exigé des designers qu'ils vérifient l'âge des mannequins en plus de leur fournir de la nourriture en coulisses, ce qui croyez-le ou non, n'était pas toujours le cas malgré les longues journées de travail. Certaines publications, comme Vogue, ont promis de tenter de faire la promotion d'une image corporelle plus saine.

Malgré tout, et même si on offre maintenant aux mannequins de l'aide psychologique en cas de trouble alimentaire, on leur demande encore d'être rachitiques. Gageons qu'il faudra plus que quelques programmes du genre pour avoir raison de l'hypocrisie et de la misogynie présente dans le milieu de la mode.