Buzz et trouvailles

La gorge tranchée pour vous vendre des boucles d'oreilles

Une des photos publiées par 12 Magazine.On peut justifier bien des choses au nom de l'art, mais il est certaines limites que la mode ne peut se permettre de franchir. Le désormais tristement célèbre édito photo paru récemment dans la revue de mode bulgare 12 Magazine en est un parfait exemple.

Intitulée « Victim of Beauty », la série de photo nous montre un vaste éventail de modèles ayant visiblement été violentées. Gorge tranchée, œil au beurre noir, bouche en sang, nez cassé et entaillé, brûlure à l'acide. Bref, rien de joli à voir, et le monde de la mode n'est apparemment pas plus prêt que nous à cautionner ce genre d'édito choc.

Si 12 Magazine se défend bien de faire la promotion de la violence envers les femmes, ils n'ont tout de même pas réussi à convaincre grand monde avec leurs explications pour ce shooting pour le moins dégoutant. Dans ce que nous imaginons être une tentative de pousser à l'extrême le concept de victime de la mode,  12 Magazine a plutôt fait dans le très mauvais goût.

Les réactions fusent de partout, alors que le site Jezebel ridiculise carrément le choix de concept du magazine :  « … délibérément outrant, dégoutant, et vraiment extrêmement stupide. ''Hey, se sont-ils dit, ne serait-ce pas excellent de faire ressembler toutes les modèles à des victimes d'actes de violence et de crimes horrifiants dont les femmes dans le vrai monde souffrent trop souvent, ha ha? ''», s'est insurgée la journaliste Jenna Sauers.

Plus près de chez nous, une chroniqueuse du blogue de mode Ton Petit Look affirme pouvoir faire la différence entre art et promotion de la violence, mais reste incapable d'apprécier l'édito, « qui fait très mal à regarder. » L'auteure du texte, Josiane Stratis, trouve fort peu crédible l'argument de 12 Magazine qui a tenté de se justifier en demandant à se détracteurs s'ils n'étaient pas un peu sexistes : « Réagiriez-vous aussi fort s'il s'agissait d'hommes? »

« Comme un peu tout le monde, je suis déçue de l’attitude des créatifs derrière cet édito (surtout avec des justifications aussi vides de sens), écrit-elle. Ce n’est pas avec des arguments aussi stupides qu’ils nous convaincront de la profondeur de leur démarche.»

Pour ma part, même en tentant de garder un esprit ouvert et en appréciant le travail des maquilleurs, je suis tout simplement incapable de trouver que quelque démarche artistique que ce soit justifie qu'on essaie de me vendre des vêtements portés par une fille à qui on vient de casser brutalement le nez. Et peu importe l'intention derrière, c'est tout simplement très, très laid. Pour moi, ça ne passe pas.

Et vous, qu'en pensez-vous?