Baisons jusqu’à ce que la mort nous sépare!

On voit la DreTrina E. Read à la télévision anglophone, on la lit dans divers journaux et magazines canadiens, et on l’entend à la radio. Cette sexologue est la coqueluche des médias parce qu’elle aborde la sexualité féminine avec un humour délirant. Sa mission, comme celle de FA: montrer aux femmes comment avoir une vie sexuelle satisfaisante.

«Parce que les femmes aiment toujours leur conjoint [...], elles se demandent comment trouver le temps d’avoir une vie sexuelle super tripante, tout en demeurant des mères, des épouses et des employées accomplies.»


Comment rallumer la flamme au sein du couple ? (Getty Images)Selon Trina E. Read, tout le monde peut avoir une vie sexuelle épanouie, même après plusieurs années de vie commune; il suffit de posséder de bonnes connaissances sur le sujet. Avec elle, culpabilité et tabous n’existent pas, car elle affirme qu’il est normal que l’envie de faire l’amour diminue après quelques années de mariage. «Si vous n’avez plus envie de faire l’amour, vous êtes tout à fait normale, s’exclame-t-elle. En fait, pour quelles raisons trouveriez-vous votre vie sexuelle satisfaisante? Celui qui a inventé la célèbre phrase: “Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants” devrait être écartelé. C’est de la pure folie que d’affirmer qu’un jour vous allez rencontrer l’âme soeur et que... tadam! vous allez ensuite avoir une vie sexuelle trépidante pour le reste de vos jours. Mais si un tel mythe ne s’était pas perpétué au fil des siècles et qu’on nous avait dit la vérité, la race humaine se serait éteinte il y a bien longtemps!»

Les lapines ont les piles à plat

Il semble que leur vie sexuelle déçoive un grand nombre de femmes. «Plusieurs me disent qu’elles étaient comme des lapines au début de leur relation, puis qu’un jour elles se sont réveillées aux côtés d’un colocataire plutôt que de leur amant, confie Trina Read. Parce qu’elles aiment toujours leur conjoint, ces femmes souhaitent retrouver cette puissante attirance et ce désir des débuts de leur amour. Mais elles ignorent comment s’y prendre. Elles se demandent comment trouver le temps d’avoir une vie sexuelle super tripante, tout en demeurant des mères, des épouses et des employées accomplies.» Au fait, comment fait-on? On dit adieu à notre sexualité de célibataire et on accueille à bras (et à entrejambe!) ouverts notre vie sexuelle de femme mariée, nous informe la sexologue. Parce qu’il semble y avoir un monde entre les deux!

À la redécouverte du sexe


La Dre Read affirme que nous sommes prisonnières de nos premières expériences amoureuses et sexuelles, et que ce sont elles qui ont fixé nos repères actuels. Tout le problème est là. En voici l’explication. Lorsqu’on tombe amoureuse (ce qui arrive assez souvent quand on est jeune, car les relations sont de courte durée), on vit dans une bulle d’amour romantique à l’extérieur de laquelle le monde n’existe plus. Et parce qu’on sait que les ruptures sont courantes et qu’on ne risque pas d’y échapper à court ou à moyen terme, on se trouve toujours au bord d’un précipice. On se demande quand notre amoureux appellera. S’il ne le fait pas, on s’inquiète. On se demande s’il nous aime vraiment... Cette instabilité émotive est une sorte d’adrénaline pour notre corps. Dès qu’on rencontre quelqu’un qui nous plaît, l’hypothalamus envoie des messages au corps, l’encourageant à produire un cocktail impressionnant d’hormones, que la Dre Read appelle «les drogues de l’amour». Une des hormones sécrétées en grande quantité est la dopamine. Son but? Augmenter l’énergie et l’attention, et réduire la production de sérotonine, une hormone qui stabilise l’humeur. «Ces drogues de l’amour nous mettent dans un état d’excitation intense, et notre libido est exacerbée, explique la Dre Read. Quand vient le temps d’avoir une relation sexuelle, notre partenaire n’a pas à déployer beaucoup d’efforts pour que nous soyons excitée.» Sans compter le fait qu’avoir un nouveau partenaire sexuel est stimulant.

Le sexe des célibataires


Ainsi, grâce aux hormones qui nous mettent dans un état d’excitation intense, on décolle très facilement. Et les hommes font sans cesse les quelques caresses qui nous amènent au septième ciel sans se douter que, après quelques années, elles sont devenues désuètes... «Lors de vos premières expériences, vous avez découvert que, si les hommes aimaient bien vous embrasser, ce qu’ils aiment vraiment, c’est qu’on leur fasse une fellation et qu’on caresse leur pénis, rappelle la Dre Read. L’homme comprend, de son côté, qu’il doit vous embrasser (premier objectif) pour passer un bon moment avant de pouvoir caresser vos seins (deuxième objectif). Puis, après plusieurs minutes, il pourra déplacer sa main vers votre vulve et, avec un peu de chance, il trouvera votre clitoris (troisième objectif). Une fois qu’il vous aura donné suffisamment de plaisir, peut-être même un orgasme, il pourra se qualifier pour la grande finale, soit la rencontre de son pénis avec votre vagin (coup de circuit).»

Quand on est jeune, notre partenaire n’a qu’à s’occuper de ces points chauds pour nous faire directement atteindre le nirvana. Ça ne lui demande pas trop d’efforts. Or, ces expériences sont en quelque sorte la cause de nos problèmes sexuels actuels, car notre cerveau a enregistré que c’est ce pattern qui nous envoie au septième ciel. Et si les étapes de cette joute sexuelle ne convenaient plus à la femme mûre que nous sommes? Il faut donc accepter que notre sexualité a changé avant de pouvoir transmettre ce message à notre conjoint.


La stabilité: l’ennemie de l’excitation?


L’humain n’étant pas vraiment fait pour vivre dans l’instabilité émotive, il arrive un moment dans sa vie où il souhaite trouver un partenaire avec qui il partagera une vie sécurisante. Être en couple nous apporte indéniablement le confort souhaité. Or, cette stabilité agira sur les hormones d’un certain nombre de femmes, et les effets de celles-ci commenceront à diminuer. Notre corps n’étant plus en constant état d’excitation, il se pourrait bien qu’il faille plus qu’un baiser pour nous allumer. À cela s’ajoute le fait que, après quelques années, engluée dans le tourbillon quotidien (travail, enfants, tâches ménagères... alouette!), on se sent essoufflée et fatiguée. Notre vie sexuelle devient alors le cadet de nos soucis. Et quand l’homme ose exprimer son envie de baiser une fois les enfants au lit, et qu’il nous reste les lunchs du lendemain à préparer, une brassée de linge à plier (et toute autre tâche dévolue aux mères de famille), on a le goût de hurler! C’est là que la frustration s’immisce dans nos vies. Très mauvais pour une sexualité épanouie.

Le sexe de la femme en couple

Pour retrouver une vie sexuelle épanouie, il faut bien sûr aimer son partenaire... et faire l’amour. Si on n’aime plus son conjoint, la partie est perdue d’avance. Il importe donc de répondre à la question: «Est-ce que je l’aime toujours?» avant d’établir un plan d’action pour retrouver le goût de s’envoyer en l’air avec lui. Selon la Dre Read, la sexualité de la femme mariée s’épanouit quand celle-ci devient l’égale de l’homme dans la chambre à coucher. Ce qui signifie qu’il faut être capable d’exprimer ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas (avec tact, quand même, et sans accusation). Par exemple, on doit confier à notre amoureux: «Ce soir, je veux bien baiser, mais sans préliminaires », ou encore, «Déplace-toi un peu plus vers la gauche, je ne sens rien ainsi.»

Inscrire la chose sur son agenda

Puisqu’il existe de multiples raisons à l’abstinence, il faut se réserver du temps pour baiser. OK, il est bizarre de prévoir: «Cette semaine, on fera l’amour mercredi soir vers 21 h», mais il semble que c’est ce qu’il faudrait faire, sans quoi on trouvera toujours un prétexte pour éviter de se rapprocher de son partenaire. «Il faut rééduquer notre cerveau à prendre plaisir à faire l’amour, rappelle la Dre Read. Nous avons entretenu des sentiments négatifs sur notre sexualité durant des années, et il faut maintenant les remplacer par des émotions positives. Pour nous donner la chance d’y parvenir, il faut créer l’occasion. Bien sûr, au début, il se peut que vous fassiez semblant. Mais après une journée difficile, si vous vous forcez à sourire, votre humeur s’améliore peu à peu. Le désir sexuel fonctionne de la même manière: votre corps influence votre esprit.» Ainsi, en nous réservant des moments de rencontre avec notre conjoint, on rétablit l’intimité avec lui. Lentement, mais sûrement, si on prend notre sexualité en charge et qu’on arrive à exprimer ce qu’on aime ou non, on pourra au Tl des semaines éliminer les anciens patterns et avoir une sexualité épanouie de femme mariée. Ça vaut le coup d’essayer, non?

Selon la Dre Read, il faut découvrir ce qui nous allume en fonction des diverses phases de notre cycle menstruel car, si on y porte attention, on découvrira que notre libido est plus forte à certains moments.


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CONSEILS DE PRO

L’ouvrage de la Dre Read regorge de trucs pour nous aider à avoir une sexualité épanouie. En voici quelques-uns:
• Soigner son apparence, ce qui rehaussera la confiance en soi.
• S’offrir chaque jour un plaisir afin d’éveiller ses sens: prendre un bain parfumé, se faire un soin des pieds...
• Toucher, frôler son partenaire et se laisser toucher.
• Embrasser son conjoint avant d’aller travailler.

Till Sex Do Us Part: Make Your Married Sex Irresistible, par Dre Trina E. Read, Key Porter Books


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