Accepter ses défauts plus sereinement!

Lorsqu’on tombe amoureux, on ne voit pas toujours les défauts de l’autre. Avec le temps, ils deviennent de plus en plus évidents. Comment faire pour que les travers de notre partenaire ne nous gâchent pas la vie?

(Getty Images)François St Père, psychologue et médiateur familial, nous rappelle que nous avons tous des défauts et que nous avons tous la capacité de nous améliorer. Il mentionne aussi que nous ne pouvons que nous changer nous-mêmes et que, si l’autre était notre clone, ce serait terriblement ennuyeux. «Dans un couple, il est souhaitable que les partenaires soient plutôt semblables, mais il faut qu’il y ait des différences pour que la relation soit intéressante», dit-il. Il n’y a pas de recette magique pour mieux vivre à deux, mais en suivant les conseils ci-contre, on multiplie les chances d’y parvenir.

UNE QUESTION DE DOSAGE... | Nous pouvons nous accommoder des travers de notre partenaire (manque de romantisme, de patience, etc.) et l’aider à s’améliorer en changeant notre propre attitude. Il reste que certains défauts sont difficilement acceptables (le fait d’être menteur, infidèle, raciste, etc.), parce qu’ils entrent en contradiction avec nos valeurs profondes. Tout est une question de dosage, comme l’explique Nelson Bouchard dans son livre Vivre heureux avec les défauts des autres. Par exemple, un peu de jalousie peut être stimulant, mais trop de jalousie rend la vie impossible. «Fuyez si c’est maladif, dit l’auteur. Sinon, essayez d’en discuter pour voir quel est le malaise qui éveille cette jalousie.»

1 | Voir les défauts de l’autre comme des «différences».
Si, par exemple, nous accusons l’autre d’être trop dépensier, il se braquera, car nous aurons porté un jugement. Mais si nous lui disons que nous n’avons pas le même rapport à l’argent que lui, il y a de fortes chances que ça n’engendre pas de conflit.

2 | Identifier les avantages à tirer des «défauts» de l’autre. «Certains traits de caractère peuvent donner lieu à des comportements qui nous dérangent, mais ils peuvent aussi engendrer d’autres qui nous sont favorables», souligne François St Père. Par exemple, notre conjoint, que nous jugeons trop économe, nous amènera peut-être à faire des économies, qui nous permettront de réaliser un projet.

3 | Centrer notre attention sur les qualités de notre partenaire
. «Au lieu de passer notre temps à nous chicaner avec notre conjoint parce que nous le trouvons désordonné, nous devrions nous rappeler les raisons pour lesquelles nous l’avons choisi et pour lesquelles nous sommes encore avec lui. Souvent, nous avons tendance à ne voir que les défauts de l’autre», commente le psychologue.

4 | Essayer de comprendre pourquoi le comportement de l’autre nous dérange.
C’est souvent parce qu’il entre en conflit avec des croyances qui nous ont été inculquées pendant l’enfance et que nous considérons comme la vérité. Au lieu de juger l’autre, il y a lieu de questionner notre façon de voir et de faire les choses. Nous pouvons, par exemple, nous poser la question suivante: «Est-ce si important que la maison soit parfaitement rangée? N’est-ce pas préférable que mon conjoint prenne le temps de jouer avec les enfants?»

5| Expliquer à l’autre comment nous nous sentons face à son comportement. Par exemple, plutôt que de l’accuser d’être paresseux, nous pouvons lui dire: «Le samedi matin, quand tu es devant l’ordinateur au lieu de faire le ménage avec moi, je ne me sens pas considérée.» M. St Père souligne ceci: «Nous pouvons influencer notre partenaire en modifiant notre manière de l’aborder. Il peut choisir de changer par considération pour nous.» Aussi, nous devons exprimer nos attentes sans jamais nous imposer. Le spécialiste propose une formulation du genre: «J’aimerais bien que tu puisses, par égard pour moi, faire telle chose autrement.»

6| Ne pas juger, ne pas nous imposer et ne pas vouloir à tout prix changer notre partenaire. «Souvent, quand nous sommes confrontés à une différence, nous jugeons l’autre. Dans l’espoir d’être heureux, nous nous appliquons à le changer et à imposer nos façons de faire, nos valeurs, nos habitudes... Malheureusement, plus nous imposons ce que nous voulons, plus l’autre résiste, plus nous sommes frustrés, et moins la situation change», dit M. St Père.

7| Réviser notre interprétation du comportement de l’autre. «C’est souvent le sens que nous donnons aux gestes de l’autre (ou à l’absence de gestes) qui nous blesse le plus», souligne François St Père. Ainsi, nous présumons que notre partenaire veut nous contrôler parce qu’il a fait telle chose, alors qu’il désirait nous rendre service. Nous déduisons qu’il est égoïste parce qu’il n’a pas fait la commission que nous lui avions demandée, alors qu’il s’agit d’un oubli...

8| Demander des améliorations concernant des comportements particuliers. «Dire à quelqu’un que nous aimerions qu’il soit plus romantique ne signifie absolument rien. Nous pouvons laisser tomber ceci: “J’aimerais que tu organises parfois des sorties en amoureux.” Il ne faut pas non plus formuler des demandes si précises qu’elles en deviennent des ordres», dit M. St Père.

9 | Toujours apprécier les efforts que l’autre fait pour s’améliorer. «Souvent, nous avons des attentes irréalistes; nous espérons que l’autre adoptera le comportement désiré en tout temps. Mais s’il le fait 90 % du temps, nous devons être contents et nous abstenir de lui faire des reproches les 10 % qui restent.»

10 | Limiter les moments où les comportements de l’autre nous dérangent. Par exemple, si ça nous énerve que notre conjoint soit impatient lorsqu’il aide les enfants à faire leurs devoirs, mais si leurs résultats sont bons, nous n’avons qu’à nous retirer dans une autre pièce au moment où il les aide.