Se prendre en main
Dans le cadre des conférences qu’il donne sur l’estime de soi dans les écoles secondaires, le comédien encourage les jeunes à se prendre en main et à cesser de se voir comme des victimes. «Oui, les gros peuvent être heureux, affirme Martin. Ils ne doivent pas accepter de se faire tabasser dans la cour d’école, ni insulter. Ils peuvent faire du sport à leur rythme. Ils peuvent aussi être sexy, aimer et être aimés.»
Aux parents, Martin Larocque lance le message suivant: «Cessons de concentrer notre attention sur le problème. Commençons par faire parler notre enfant. Aidons-le à découvrir ses passions. Un enfant passionné par une activité ne pensera pas continuellement à manger pour combler un vide. Parlons-lui de santé, de l’importance de bouger et d’être actif. Rendons plus agréable la vie autour de la table.» À cela, Fannie Dagenais, diététiste-nutritionniste et directrice du groupe d’action sur le poids Équilibre, ajoute: «Il ne faut pas non plus paniquer si notre enfant se met à prendre un peu de poids à l’approche de l’adolescence. » Selon elle, nous sommes influencés par les médias: à force d’entendre parler de la multiplication des cas d’obésité, nous finissons par voir ce problème partout, alors qu’il arrive qu’une prise de poids soudaine soit transitoire et se règle par une simple poussée de croissance.
Attention aux régimes amaigrissants!Si le problème persiste, la dernière chose à faire, selon Fannie Dagenais, est de mettre son enfant au régime: «Cela peut nuire à sa santé. Tenter de le contrôler n’est guère mieux, souligne-t-elle. Nous savons tous qu’interdire les friandises ne fait qu’augmenter l’envie d’en manger.» Plutôt que de pointer le jeune du doigt en lui faisant subir un traitement particulier, elle suggère d’encourager tous les membres de la famille à mieux s’alimenter et à adopter un mode de vie plus actif. «Apprenons à nos enfants à manger lorsqu’ils ont faim et à s’arrêter lorsqu’ils se sentent rassasiés, dit-elle. Il est inutile d’insister pour qu’ils terminent leur assiette lorsqu’ils affirment avoir suffisamment mangé.»
«Apprenons à nos enfants à manger lorsqu’ils ont faim et à s’arrêter
lorsqu’ils se sentent rassasiés. Il est inutile d’insister pour qu’ils
terminent leur assiette lorsqu’ils affirment avoir suffisamment mangé.»
Les dangers des régimes amaigrissants
- Carences en vitamines et minéraux
- Fatigue accrue
- Problèmes de concentration
- Maux de tête
- Troubles de la croissance (si le régime est sévère)
Comment prévenir l’obésité
- Être détendu à l’heure des repas et éviter de stresser l’enfant lorsqu’il est à table.
- Augmenter les portions de fruits et de légumes, diminuer les fritures, les boissons très sucrées et les croustilles, limiter la consommation de sucre et faire boire beaucoup d’eau à l’enfant.
- Ne jamais forcer l’enfant à manger s’il n’a plus faim.
- Faire au moins une demi-heure d’exercice physique par jour avec lui pour l’encourager.
- Limiter le temps passé devant l’ordinateur et la télé.
- Apprendre aux jeunes à cuisiner et à apprécier la nourriture saine.
Changer l’environnement social
«Les solutions se trouvent d’abord dans la famille», soutient Martine Painchaud, porte-parole de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Mais, à plus long terme, il faudra aussi que l’environnement social change. «L’obésité infantile est un fléau psychosocial lourd de conséquences, ajoute-t-elle. La discrimination dont les enfants obèses sont victimes commence dans les garderies, dès l’âge de quatre ans».
Mme Painchaud croit aussi que les parents font ce qu’ils peuvent mais que, lorsqu’ils se font harceler continuellement par leurs enfants pour qu’ils achètent les céréales sucrées Bob l’Éponge annoncées à la télévision, il est difficile de résister.
Vers une réglementation plus sévère
La Coalition québécoise sur la problématique du poids souhaite, entre autres, l’adoption d’une politique d’étalage responsable dans les supermarchés et d’une loi qui permette d’interdire la publicité d’aliments destinés principalement aux enfants. «À l’heure actuelle, déclare Martine Painchaud, on réglemente la publicité sur les jouets parce qu’elle s’adresse directement aux enfants mais, lorsqu’il s’agit de nourriture, il est difficile de prouver que seuls les enfants sont ciblés.»
De son côté, Martin Larocque s’indigne de constater que les administrateurs scolaires n’ont pas encore sorti les distributrices de boissons gazeuses et de croustilles de leurs établissements. «Ce n’est pas logique, dit-il. Pas logique non plus que l’on continue à servir des frites dans les cafétérias des écoles et que l’on trouve presque exclusivement de la friture sur les menus pour enfants dans les restaurants.»
Modifier les perceptions
Sur le plan social, il y a aussi beaucoup de travail à faire pour modifier la perception que les gens ont des personnes obèses. «Quand tu es gros, les gens te donnent davantage à manger. Ils vident leur assiette dans la tienne, et toi, tu embarques là-dedans sans rien dire.
Aussi, ils ne t’invitent jamais à monter une montagne parce qu’ils croient, souvent à tort, que tu n’y arriveras pas. Pourtant, on y arrive. Plus lentement, mais on y arrive», affirme Martin Laroque. Et il poursuit: «Un complexe, c’est comme un lierre qui pousse. Un jour, tu te réveilles et tu es couvert de lierre. Moi, à 20 ans, j’ai décidé de couper le lierre et de cesser de me voir à travers le regard des autres.» Pour Martin Larocque, ç’a été le début d’un long cheminement vers l’acceptation de lui-même. Aujourd’hui, il s’assume. Et quand son fils de quatre ans lui demande s’il est gros, il lui répond invariablement: «Oui, ton papa est gros, et il est même le plus gros de Saint-Robert!» Alors, fiston s’en va, fier d’avoir un papa si bien enveloppé.
Pour en savoir plus
Groupe d’action sur le poids Équilibre
Coalition québécoise sur la problématique du poids
Les conférences de Martin Larocque




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