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ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Fâché noir contre les statistiques

    Les statistiques ont le don de me dérouter chaque fois que je les entends. C’est que les chiffres, contrairement aux mots, on peut leur faire dire n’importe quoi.

    J’ai lu quelque part que «seulement» 3% des prêtres seraient pédophiles. En fait, d’un article à l’autre, le pourcentage varie.

    Quand je lis des trucs comme ça, mon imagination s’emballe. Je laisse le soin aux éditorialistes sérieux ou, mieux, aux journalistes de couvrir le scandale des prêtres pédophiles. Je n’ai rien à dire publiquement là-dessus. Non, moi, ce qui me titille dans cette info, c’est comment diable a-t-on pu trouver le pourcentage? En faisant un sondage téléphonique?

    Êtes-vous prêtre? Si oui, diriez vous que vous êtes:
    a. un peu pédophile.
    b. assez pédophile merci.
    c. pas du tout pédophile, désolé.

    Ou peut-être que ça se passe à la fin des assemblées du syndicat des prêtres? «OK, les gars, avant de partir, faudrait juste remplir un petit sondage. Je vous passe les feuilles et les crayons, ça va prendre cinq minutes. Pis je veux revoir les crayons.»

    Les statistiques ont le don de me dérouter chaque fois que je les entends. C’est que les chiffres, contrairement aux mots, on peut leur faire dire n’importe quoi. Les stations de radio commerciales, par exemple, sont toujours LA station numéro un. Comment font-elles? Et puis qu’est-ce que ça veut dire, au juste, «la station numéro 1 à Montréal»? Qu’elle est la plus écoutée? Qu’elle est la plus aimée? Qu’elle est celle dont le slogan est le plus vague? Quelques explications entre parenthèses enlèveraient sans doute un peu de magie à l’affaire, mais au moins on saurait à quoi s’en tenir.

    CRZP, la station la plus écoutée! (À Kamouraska, entre minuit et quatre heures du matin.)
    CDKD, la station préférée au Québec! (Par les albinos bègues âgés entre 43 et 47 ans.)
    CAAA, la station numéro1 !!! (Si on y va en ordre alphabétique.)

    La façon la plus irritante de se servir des statistiques, c’est d’opposer deux choses qui, quand on y réfléchit bien, n’ont aucun rapport ensemble. Un exemple que j’ai trouvé quelque part dans un racoin des Interwebs: «Les ours en peluche tuent plus de gens que les vrais ours.» Outre le fait que la donnée ne soit pas amusante du tout et, qu’avec un peu d’imagination, elle saura alimenter vos cauchemars, elle ne nous aide en rien à corriger le problème. Pour tout dire, on ne sait pas trop s’il y a là un problème. Est-ce un indice qu’on devrait cesser de produire des ours en peluche bourrés d’amiante et de vieux clous rouillés? Devrait-on au moins mettre un avertissement sur chaque peluche? «Attention: il est vivement déconseillé d’insérer cet ourson au complet dans votre bouche, d’ensuite vous mettre un sac de plastique sur la tête puis d’aller vous baigner moins d’une demi-heure après le repas.» On ne le sait pas. On ne nous dit rien.
    Pour ma part, je ne prends plus aucun risque. La prochaine fois que j’aurai à faire un cadeau à un enfant, je lui offre un vrai ours.
     
    • mijo  •  il y a 1 année 1 mois
      Je suis d'accord avec le fait qu'on peux faire dire ce qu'on veux aux chiffres. Et pourtant le commun des mortel croit qu'il n'y a rien de plus absolu et fiable qu'un chiffre! on ajoute un pourcentage ou un beau graphique à une étude et voilà, tout le monde est convaincu. c'est dommage
    • Zanzibar  •  il y a 1 année 1 mois
      Selon moi, les statistique qui sont une véritable sciences mathématique, peuvent devenir une source intarissable de désinformation. Prenez l'exemple des maudits sondages, maintenant on ne peut plus aller au toilette sans tomber sur un sondage. Il y a des sondages pour tout, surtout en temps d'élection, là ça en devient écoeurant. Le grand danger avec les sondage c'est que les gens finissent par leurs donner la même valeur que les résultats officiels, ainsi, si un sondage national dit que les conservateurs vont être réélus, il y a de forte chance pour que la population donne au sondage un valeur officielle (que celui-ci ait la même valeur que le vote lui-même) et décide de s'abstenir de voter (comme au élection de 2008), par leur action, les gens ont entériné un sondage et on abdiqué leur droit de vote en faveur d'un calcul statistique qui ne peut pas tenir compte la valeur émotive de l'action de voter. Si on peut faire dire ce que l'on veut à des chiffres, cela revient à dire que par l'utilisation massive de sondage, on peut littéralement influencer une population dans ses choix démocratique. Demandez-vous ce qui se passerait si tout d'un coup on annoncerait, que selon les derniers sondages, que le parti vert va former le prochain gouvernement majoritaire et que le Canada se dirige vers un état socialiste à tendance environnementaliste. Je peux vous garantir que le vote sortirait comme on a rarement vu, les gens accouraient pour aller voter. Donc, selon moi, l'exercice du sondage est une arme à deux tranchants, le véritable sondage est l'élection elle-même et non l'exercice statistique fait à l'avance. il faut se méfier d'abdiquer notre droit démocratique à un organisme privé qui n'est là que pour son propre profit et pas véritablement le nôtre.