C’est l’été, il fait beau, c’est la saison des festivals et tous les spectacles extérieurs sont gratuits tout le temps. N’est-ce pas merveilleux?
Non.
Vraiment pas.
L'autre jour, j'ai été voir un groupe dans le cadre d’un festival quelconque, vous savez, le genre d'évènement où mille artistes se produisent en même temps sur six scènes différentes. J’aurais pas dû. Je sais pourtant que j'ai un mauvais karma avec les spectacles. Je m'attendais au pire, et tout s'est déroulé comme prévu.
D’abord, à l’entrée du site, je me suis fait fouiller. Ils ne cherchent pas à savoir si tu dissimules une arme à feu ou de l’anthrax, non, ils veulent simplement s’assurer que t’as rien apporté à boire ou à manger. En fait, on m’a expliqué que, d’un point de vue technique, je pouvais entrer avec mon breuvage, mais pas avec son contenant. J’ai bien essayé de garder tout ce que je pouvais de ma Slush aux cerises dans mes mains, mais ça m’a vite dégouliné entre les doigts.
Je passerai vite sur le menu limité qu’on trouve sur le site:
Bouteille d’eau chaude format dégustation: 10$
Hot-dog et chips: 15$
Hot-dog «européen» et chips: 27$
(Bien qu’il existe des plans de financement sur place, je vous suggère tout de même d’en parler d’abord à votre comptable avant d’emmener votre famille à un festival. Et si vous prenez le risque d’apporter vos propres hot-dogs sur le site en les cachant dans vos vêtements, ne faites pas comme moi: n’y mettez pas de condiments.)
J’ai traversé diverses foules et ça m’a pris moins d’une heure pour trouver la scène que je cherchais et m’en approcher jusqu’à ce que ça coince. C’est là que je me suis arrêté. J’ai tenté d’apprécier le spectacle, malgré quelques petits désagréments. La seule personne affligée de troubles gastriques dans toute cette foule était juste devant moi. L’individu mesurait près de sept pieds et, peu importe ma vitesse de déplacement, il réussissait toujours à positionner sa grosse motte de cheveux frisés entre moi et la scène. En pétant. Dans mon entourage immédiat, j’ai aussi retrouvé quelques habitués: la fille qui danse tellement mal que ma fascination pour ses mouvements mous et sans rapport avec la musique me déconcentre à tout instant, le gros qui me pousse à intervalle régulier pour aller acheter de la bière et son ami qui échappe la sienne sur mes pieds. Ajoutez les deux gars qui ont déjà vu le groupe l’année d’avant et qui se racontent à quel point c’était bon.
De toute façon, personne n’était attentif à ce qui se passait sur la scène. Autrefois, le spectacle d’un groupe branché était l’événement qu’il fallait avoir vu. C’est devenu l’événement où il faut être vu et, idéalement, pris en photo. Mais n’oubliez pas que les caméras sont interdites. Vous avez seulement le droit de photographier ou de filmer avec votre téléphone, votre lecteur de MP3 ou votre gril à raclette. C’est d’ailleurs ce que tout le monde fait. On vient au spectacle, on filme le tout et hop, on retourne regarder ça tranquille à la maison les pieds au sec et sans odeur de pet.
Je me suis moi-même laissé prendre au jeu et j’ai rapporté un souvenir impérissable: un film de deux heures où l’on ne voit rien d’autre qu’une grosse motte de cheveux frisés.
Yé.
Non.
Vraiment pas.
L'autre jour, j'ai été voir un groupe dans le cadre d’un festival quelconque, vous savez, le genre d'évènement où mille artistes se produisent en même temps sur six scènes différentes. J’aurais pas dû. Je sais pourtant que j'ai un mauvais karma avec les spectacles. Je m'attendais au pire, et tout s'est déroulé comme prévu.
D’abord, à l’entrée du site, je me suis fait fouiller. Ils ne cherchent pas à savoir si tu dissimules une arme à feu ou de l’anthrax, non, ils veulent simplement s’assurer que t’as rien apporté à boire ou à manger. En fait, on m’a expliqué que, d’un point de vue technique, je pouvais entrer avec mon breuvage, mais pas avec son contenant. J’ai bien essayé de garder tout ce que je pouvais de ma Slush aux cerises dans mes mains, mais ça m’a vite dégouliné entre les doigts.
Je passerai vite sur le menu limité qu’on trouve sur le site:
Bouteille d’eau chaude format dégustation: 10$
Hot-dog et chips: 15$
Hot-dog «européen» et chips: 27$
(Bien qu’il existe des plans de financement sur place, je vous suggère tout de même d’en parler d’abord à votre comptable avant d’emmener votre famille à un festival. Et si vous prenez le risque d’apporter vos propres hot-dogs sur le site en les cachant dans vos vêtements, ne faites pas comme moi: n’y mettez pas de condiments.)
J’ai traversé diverses foules et ça m’a pris moins d’une heure pour trouver la scène que je cherchais et m’en approcher jusqu’à ce que ça coince. C’est là que je me suis arrêté. J’ai tenté d’apprécier le spectacle, malgré quelques petits désagréments. La seule personne affligée de troubles gastriques dans toute cette foule était juste devant moi. L’individu mesurait près de sept pieds et, peu importe ma vitesse de déplacement, il réussissait toujours à positionner sa grosse motte de cheveux frisés entre moi et la scène. En pétant. Dans mon entourage immédiat, j’ai aussi retrouvé quelques habitués: la fille qui danse tellement mal que ma fascination pour ses mouvements mous et sans rapport avec la musique me déconcentre à tout instant, le gros qui me pousse à intervalle régulier pour aller acheter de la bière et son ami qui échappe la sienne sur mes pieds. Ajoutez les deux gars qui ont déjà vu le groupe l’année d’avant et qui se racontent à quel point c’était bon.
De toute façon, personne n’était attentif à ce qui se passait sur la scène. Autrefois, le spectacle d’un groupe branché était l’événement qu’il fallait avoir vu. C’est devenu l’événement où il faut être vu et, idéalement, pris en photo. Mais n’oubliez pas que les caméras sont interdites. Vous avez seulement le droit de photographier ou de filmer avec votre téléphone, votre lecteur de MP3 ou votre gril à raclette. C’est d’ailleurs ce que tout le monde fait. On vient au spectacle, on filme le tout et hop, on retourne regarder ça tranquille à la maison les pieds au sec et sans odeur de pet.
Je me suis moi-même laissé prendre au jeu et j’ai rapporté un souvenir impérissable: un film de deux heures où l’on ne voit rien d’autre qu’une grosse motte de cheveux frisés.
Yé.
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