Petite Lionne avait à peine un an. Elle a réussi, toute seule, à ouvrir une armoire de cuisine et à attraper un sachet de savon pour le lave-vaisselle. La texture mi-poudre mi-liquide de la petite pochette orange a dû l’intriguer : elle se l’est mise dans la bouche et l’a mâchouillée. Moi, mère indigne, j’étais au téléphone, à moins d’un mètre d’elle. Je n’ai rien vu – jusqu’à ce qu’elle se mette à pleurer… et à vomir.
« Noooon ! Ne mets pas ça dans ta… », aie-je crié, trop tard. Prise de panique, j’ai décroché le téléphone et j’ai appelé le centre antipoison. Je savais que ma fille n’était pas en danger de mort mais je devais en parler pour connaître la suite des choses (et me rassurer). Devais-je me rendre à l’hôpital ? La faire boire ? M’assurer qu’elle vomisse tout le produit ? On m’a renseigné en cinq minutes. Ma fille était saine et sauve, elle s’est remise à jouer et moi, j’ai modifié légèrement l’organisation de la cuisine...
Je ne suis pas la seule à réagir de la sorte : les cinq centres antipoison du pays reçoivent plus de 160 000 appels chaque année, dont la moitié sont faits par des parents alarmés. Dans la majorité des cas, les enfants ont moins de six ans et l’incident se passe à la maison. Selon l’Association canadienne des centres antipoison (ACCAP), environ sept enfants de moins de 14 ans meurent chaque année des suites d’un empoisonnement et quelque 1 700 sont hospitalisés pour des blessures importantes.
Le docteur Martin Laliberté, médecin toxicologue, consultant pour le centre antipoison du Québec et président de l’ACCAP, rappelle que ces cas sont évitables : les produits potentiellement dangereux pour la santé des tout-petits doivent être placés dans une armoire hors de portée, sous clé. « C’est la seule façon de les conserver de façon vraiment sécuritaire », dit-il.
Qui sont les ennemis à écarter du chemin de nos petits curieux ? Les produits ménagers, les médicaments en vente libre ou sous prescription, les produits d’entretien d’auto, de bricolage et de jardinage ainsi que certains cosmétiques (comme le dissolvant de vernis à ongles). « Ces vingt, trente dernières années, on a fait du progrès grâce aux bouchons de sécurité, dit Dr Laliberté. La fréquence des empoisonnements a diminué mais on a encore du chemin à faire ».
Voici les bons gestes à poser, selon l’ACCAP. D’abord, faire le ménage de nos vieux médicaments et les remettre à notre pharmacien qui en disposera de façon correcte. Repérer les produits toxiques éparpillés dans la maison, les regrouper et les placer sous clé, dans une armoire inaccessible aux enfants. Selon un sondage réalisé par SécuriJeunes Canada, 98% des parents savent qu’il est important de sécuriser les produits toxiques à la maison mais 50% affirment ranger leurs médicaments dans la pharmacie au-dessus de l’évier de la salle de bains. « C’est à proscrire, souligne Dr Laliberté, parce que c’est relativement facile pour un enfant de grimper pour les atteindre ».
D’autres parents ont affirmé laisser leurs médicaments sur le comptoir de la cuisine ou sur leur table de chevet…
Pagination
Suivez Yahoo! Être sur Twitter
Les plus populaires
Plus de chroniques
- Stéphane Dompierre - Stéphane Dompierre
Fâché noir contre les phrases toutes faites (4e partie)
il y a 18 heures La Ronde et les enfants : 10 (bonnes) choses à savoir
il y a 16 heures- Gabrielle Lisa Collard - Buzz et trouvailles
Changer le monde avant de mourir : les incroyables derniers moments du jeune Zach Sobiech
il y a 19 heures - Éric Chandonnet - Éric Chandonnet
Les grosses seraient moins cool
mer. 22 mai 2013 14:02 HAE - Gabrielle Lisa Collard - Buzz et trouvailles
Un an après sa mort tragique, les mots de Marina Keegan restent vivants
mar. 21 mai 2013 13:47 HAE
Aujourd'hui sur Yahoo!
1 - 8 de 48

