Fiston glisse à toute allure vers moi. Il a les yeux ronds et il se met à crier. Je cours déjà vers lui quand son traîneau dérape et qu’il tombe. J’arrive sur les lieux de la tragédie : mon fils n’a rien… sauf une grosse blessure à l’ego. « Ce n’est pas le fun, glisser, maman ! », me dit-il alors que nous rentrons à la maison, penauds.
Notre hiver est misérable. Dehors, avec les enfants, impossible de trouver une activité digne de ce nom. Je veux bien essayer de goûter aux joies hivernales mais que l’on me fournisse de la matière première !Nous avons patiné sur une glace trouée comme un gruyère. Nous avons skié à la montagne à une température de – 20oC sur des pentes givrées, dangereusement rapides. Après deux descentes, Fiston avait des glaçons dans les cils, le bout de nez gelé et les jambes en compote. Nous sommes allés faire une promenade en ville. L’Homme et moi avons hésité : on prend le traîneau ou la poussette ? Ni l’un ni l’autre ne fait l’affaire dans pareilles conditions : une gadoue brune, collante, infecte et… abondante en plus.
Mes deux petits volontaires me réclament depuis des semaines un bonhomme de neige. Les voir essayer de façonner des boules avec une neige styromousse, insuffisante et figée, m’enrage. Si on habite au Québec et qu’on doit se taper cinq mois de congélation, peut-on au moins, s’il-vous-plaît, en profiter ?
Leurs mitaines deviennent trempées. Leurs habits de neige sont toujours un peu trop chauds et leurs bottes, jamais tout à fait assez imperméables. Ils rentrent à la maison, la face longue, un peu déçus, mais trop orgueilleux pour me le dire. Et moi, ne voulant ajouter à leur désarroi, je me pince les lèvres.Jouer dehors, ces temps-ci, vous ne trouvez pas ça mortel, vous ?


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