C’est le nutritionniste néerlandais Stefan Kleintjes, spécialiste auprès des enfants d’âge préscolaire, qui a popularisé la méthode grâce à un article publié sur son site internet. La prémisse de cette théorie ? L’enfant est autonome lorsqu’il boit au sein (ou au biberon) : c’est lui qui décide de la quantité de lait qu’il ingurgite, de la fréquence de ses boires et du rythme auquel il boit. L’introduction aux aliments solides, vers l’âge de six mois, devrait se faire de la même façon, soit en laissant le bébé, vers l’âge de six mois, se nourrir lui-même. La diversification alimentaire autonome (appelée baby-led weaning en anglais) consiste à laisser son tout-petit se nourrir lui-même en lui donnant de gros morceaux d’aliments (environ la grosseur du poing de l’enfant) qu’il explorera et portera (éventuellement) à sa bouche. L’étape de la purée est éliminée.
Et la peur de l’étouffement ? Les partisans de la diversification alimentaire « consciente » croient que l’enfant apprend rapidement à mâchouiller, ronger et recracher, si nécessaire, un morceau trop important pour leur bouche et leur petit œsophage (environ 1 cm de diamètre à cet âge). Reste que ce ne sont pas tous les bébés qui sont en contrôle de leurs mouvements à six mois : ils doivent être en mesure de tenir leur tête, d’être assis bien droit, bref, ils doivent être prêts.
Certains nutritionnistes pédiatriques, sceptiques, mettent en garde les parents qui seraient tentés d’essayer la diversification alimentaire autonome : une surveillance étroite est requise. Et des carences peuvent survenir. Laissé à lui-même, est-ce qu’un enfant de cet âge est en mesure de se nourrir suffisamment pour obtenir tous les nutritifs essentiels ? Pour la majorité des cas, il semble qu’il n’y ait pas de problème. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude réalisée par une chercheure de l’Université de Glasgow en Écosse. Elle démontre que 6% des enfants se sont retrouvés avec des carences alimentaires.
Dans ses conclusions, la chercheure Charlotte M. Wright écrit « il est plus réaliste d’encourager les tout-petits à se nourrir eux-mêmes avec des morceaux solides qu’ils peuvent saisir avec les doigts lors des repas familiaux et de les nourrir aussi de purées, à la cuillère ».
Est-ce que les images de Mia, qui mange goulûment de la mangue, du blé d’inde et de la poire, ou encore celles d’Olivier, qui mange seul dès 5 mois, vous convainquent ?
Vidéo de Mia mangeant de la mangue :

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